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Article de la base documentaire de la F3A

Troubles cognitifs liés à l’alcool : quelles attitudes pratiques ? Formation F3A 19 mai 2006

vendredi 12 mai 2006.

« Troubles cognitifs liés à l’alcool : quelles attitudes pratiques ? » Vendredi 19 mai 2006

La fréquence des troubles cognitifs liés à l’alcool (TCLA) est révisée à la hausse depuis que des études ont montré qu’on décelait des troubles infra cliniques chez la majorité des alcoolodépendants hospitalisés pour sevrage. Les TCLA sont donc un élément à prendre en compte dans les projets thérapeutiques, parce qu’ils affectent électivement les instances psychiques qui sont nécessaires pour suivre un projet, notamment la mémoire et les fonctions exécutives. Mais les TCLA sont aussi quelquefois gravissimes et ils peuvent prendre la forme de syndromes de Korsakoff ou de démences alcooliques, ou de troubles intermédiaires moins bien caractérisés, qui ont pour point commun de constituer des handicaps sociaux majeurs, mettant en péril jusqu’à la vie même des patients. Cette gravité mal mesurée a ici encore des conséquences pour le traitement : pas de lieux de vie, pas de thérapeutiques actives, pas de stratégies préventives : l’attentisme et le pessimisme sont dominants dans le monde médical, et aussi le jeu de mistigri qui consiste à dire « ce ne sont pas des patients pour nous ». Ces attitudes sont infondées, car de nombreux éléments plaident en faveur d’un renouveau d’intérêt pour les TCLA : Pour les formes les plus graves, ils sont dus à des erreurs médicales (surviennent habituellement lors de sevrages hospitaliers, faute de B1 en apport adéquat) Une supplémentation en B1 dans l’alimentation en réduirait la fréquence Ils sont faciles à repérer (par le MMS) Leur évaluation soigneuse est accessible facilement, si on pense à mettre dans le circuit de soin un(e) neuropsychologue Leur bilan est essentiellement clinique (l’IRM, nécessaire pour quantifier les dommages et pour les diagnostics différentiels, ne donne le plus souvent pas d’indication spécifique sur les diagnostics de « Korsakoff » ou de « démence ») La régression des troubles est possible avec l’abstinence prolongée, et elle peut être suffisante pour permettre un retour à domicile. La journée sera tournée vers les éléments pratiques qui peuvent aider les équipes à prévenir les troubles cognitifs, à les repérer systématiquement, à les évaluer et à les prendre en considération dans les projets de soin ; à mettre en place des actions de réseau qui permettent de gérer collectivement, dans une approche communautaire et à l’échelle d’un bassin de vie, les problèmes sociaux et médico-psychologiques posés par l’existence de ces handicapés adultes qu’on ne prend actuellement pas en charge faute d’avoir construit ces réponses collectives. La journée sera animée par Dorothée Lécallier et Philippe Michaud, avec la participation d’un(e) neurologue et d’un(e) neuropsychologue.

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