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Profils, pratiques des usagers de drogues - ENa-CAARUD octobre 2008

vendredi 14 novembre 2008.

Profils, pratiques des usagers de drogues - ENa-CAARUD

TOUFIK Abdalla, CADET-TAIROU Agnès, JANSSEN Eric, GANDILHON Michel FRANCE. Observatoire français des drogues et des toxicomanies ’’’’ Paris ;Observatoire français des drogues et des toxicomanies ;2008;49 pages

Ce rapport présente les résultats de la première enquête nationale, menée au cours du mois de novembre de l’année 2006, auprès des usagers des CAARUD (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), organismes créés en 2005 par les pouvoirs publics à partir des structures dites de « bas seuil ». Cette enquête est la première qui rend compte de manière représentative de la diversité sociodémographique et des modalités de consommation de la fraction la plus marginalisée des usagers de drogues en France.

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«  »«  »CONCLUSION – DISCUSSION

Du fait de son exhaustivité, au cours d’une semaine, cette étude [1] a permis de recueillir des données descriptives sur une large population d’usagers actifs de drogues. Les éléments les plus saillants qui émergent concernent la féminisation des jeunes générations d’usagers ; la précarité marquée de la population interrogée ; la place particulière occupée par la buprénorphine dans les consommations ; et enfin la persistance d’un niveau important d’injection, accompagnée en outre de la persistance de pratiques de partage du matériel d’injection dont les conséquences en termes sanitaires sont loin d’être négligeables.

S’agissant de la féminisation des publics, il semble que les femmes apparaissent beaucoup plus présentes parmi les jeunes générations, ce qui vient confirmer les données ethnographiques fournies par le réseau TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) [2] de l’OFDT. Si le sexe ratio de l’ensemble de l’échantillon est conforme aux données habituelles (soit environ une femme pour quatre hommes), il apparaît que les femmes représentent plus de la moitié des usagers de moins de 20 ans. Elles se caractérisent par la fréquence de scores de précarité « forte » par rapport aux hommes (43 % vs 33 %). Enfin, si elles pratiquent moins l’injection, elles n’en apparaissent pas moins plus vulnérables que les hommes vis-à-vis de l’infection au VIH puisqu’elle ont, toutes choses égales par ailleurs, 41 % de risques en plus de se contaminer. Essentiellement marquée chez les non injecteurs, la différence pourrait être liée à la contamination par voie sexuelle (y compris la prostitution, origine fréquente de ressources chez les jeunes usagères de drogues).

Les usagers des CAARUD se caractérisent aussi par leur précarité. Trois usagers sur quatre vivent dans une situation de précarité dite « forte » ou « modérée ». Un peu moins d’un usager sur deux sont sans domicile fixe ou habitent dans un logement provisoire, et enfin la moitié des usagers ne vivent que grâce à des prestations sociales. Ce constat doit néanmoins être nuancé par la prise en compte de la forte proportion des usagers qui bénéficient, d’une manière ou d’une autre, d’une couverture sociale, situation qui atteste de l’ancrage très fort du système de santé jusque dans les populations les plus marginalisées.

(...) Quel que soit le produit injecté, le niveau de partage des matériels d’injection reste élevé : un usager sur cinq au cours du dernier mois. Les plus jeunes partagent davantage leur matériel que les autres, notamment les moins de 20 ans. Chez ces derniers, les prévalences de partage s’étendent de 25 % à près de 50 % selon le matériel considéré. Parmi les injecteurs, les prévalences déclarées de l’infection au VIH et au VHC demeurent importantes particulièrement pour ce dernier (respectivement 8,7 % et 47,2 % chez les injecteurs). Le partage des seringues (risque d’infection déclarée au VHC multiplié par 7 par rapport aux non injecteurs), l’âge et la précarité sont fortement associés à la contamination par l’un comme par l’autre virus. Cependant, pour l’hépatite C, notamment, du fait de son fort pouvoir contaminant, la part importante des tests négatifs datant de plus de six mois (70 %) explique une sousestimation, démontrée par ailleurs [3] des prévalences infectieuses mesurées par les déclarations des usagers.«  »«  »«  »«  » Source et téléchargement du rapport ici

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