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Perturbations métaboliques et alcool

Dr Jacques Viala-Artigues
jeudi 14 novembre 2002.

(Bilan à effectuer en HDJ)

Les modifications métaboliques constatées sont nombreuses et complexes.

Un bilan est nécessaire dès l’admission afin d’assurer une sécurité. C’est d’autant plus vrai que le sevrage va par lui-même introduire de nouvelles perturbations.

Glycémie

Le risque majeur est le coma hypoglycémique* particulièrement chez les patients ayant réduit leurs apports alimentaires avec maintien de la consommation d’alcool.

*Coma hypoglycémique : profond, hypotonique, sans signe neurologique en foyer, hypothermie fréquente - hypoglycémie < 0,50 g/l avec alcoolémie < 2g/l. Trt 50 ml de glucosé 30%, suivi par 500 ml glucosé 10% + vit B1 B6 + Nacl + kcl.

Alcoolémie

Nécessité de connaître l’alcoolémie pour établir un diagnostic différentiel.

CDTect

Transférine carboxy déficiente (CDT en anglais) La tranférine est une protéine qui transporte le fer dans le sérum. Le taux de CDT est un excellent marqueur de l’imprégnation alcoolique. Sa mesure permet une surveillance du maintien de l’abstinence. Son dosage est effectué avec les autres marqueurs : gGT - VGM. Sa sensibilité est de 85% et spécificité de 90%. Après sevrage, le taux revient à la normale dans les semaines qui suivent.

Acétonurie

Possibilité d’une acidose métabolique par baisse d’une acidose métabolique par baisse de la concentration des bicarbonates plasmatiques et trou ionique. La régression se faisant en quelques heures, elle ne nécessite aucun traitement. Par contre l’acidocétose alcoolique, très rare mais pouvant être sévère, justifie une recherche de corps cétoniques dans les urines. Notez qu’une hyperglycémie modérée est fréquente (<2,50g/l) risque de faire diagnostiquer à tort une acidocétose diabétique.

VGM, FNS

La présence d’une macrocytose érythrocytaire n’étant pas observée chez le diabétique, est un élément de grande valeur.

Phosphore

Association quasi constante d’une hypophosphorémie pouvant expliquer la survenue de syndromes confusionnels.

Uricémie

Classiquement, les consommations déclenchent des crises aiguës chez les goutteux. Une consommation d’alcool augmente l’uricémie chez le sujet goutteux ou non. L’abstinence induit une diminution de l’uricémie en 48 heures. Sans être essentiel, l’examen d’entrée peut se justifier. Les modifications sont difficiles à analyser car variant selon de nombreux facteurs.

Cholestérol

Le rapport cholestérol estérifié /cholestérol total est habituellement normal en l’absence d’une atteinte hépato cellulaire. Au-delà d’une consommation > 30 g/j d’alcool, élévation de la concentration des cholestérols sous forme HDL en particulier HDL2 et HDL3. Cette modification s’accompagne d’une augmentation des apolipoprotéines A1 et A2. (à noter un rôle protecteur sur le système cardio-vasculaire !!!).

Triglycérides

Par contre il y a une augmentation des triglycérides dans 35% des cas pouvant servir, si elle est constatée, d’indicateur de l’abstinence.

Fer

L’élévation de la concentration en fer du tissu hépatique d’un sujet en alcoolisation chronique est fréquente. Par contre, en pratique, il sera nécessaire dans le bilan d’envisager l’existence de lésions hépatiques avec ou sans cirrhose. Ce bilan peut nous aider dans une démarche diagnostique : Sidérémie Elle est quelquefois élevée, parfois en rapport avec une nécrose hépatocytaire.

Transférine

Augmentation -> absence de lésion hépatique sévère. Diminution -> cirrhose

Ferritine

Fréquemment modérément élevée. D’autre part, ces modifications peuvent faire obstacle au diagnostic d’une hémochromatose idiopathique chez un consommateur d’alcool nécessitant une approche thérapeutique particulière (phlébotomie).

Métabolisme de l’eau et des électrolytes

Ne pas oublier qu’un alcoolique est un buveur d’eau … contenue dans les boissons alcooliques. Le risque majeur de sevrage est la déshydratation.

Ionogramme sanguin

Il est indispensable de connaître dès l’entrée du patient l’état ionique, d’autant plus que le fait même du sevrage induit des modifications.

Magnésium

A noter la fréquence d’une hypokaliémie et d’une hypomagnésémie.

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