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Documentation F3A
Alcool, Alcoologie, Alcoolisme
Soins en alcoologie
P.A.R.I. Point Alcool Rencontres Informations : réseau 3
P.A.R.I. Point Alcool Rencontres Informations : réseau 3
lundi 16 février 2004.
R 212 - Aborder le « problème » alcool ?
Les difficultés rencontrées sur le terrain, en matière d’alcool, se résument par cette question, à chaque fois répétée par nos différents interlocuteurs :
« Comment aborder le problème ? »
(Voire « Comment faire admettre à une personne qu’elle est alcoolique ? »)
R 213 - Une certaine réponse à l’urgence
La demande des intervenants de terrain est : « Venez régler les problèmes d’alcool de nos publics », tant ils se sentent démunis.
R 22 - Questionnement sur les demandes
Ces diverses remarques suscitèrent des questions. C’était à notre tour de nous interroger.
Qu’est-ce qui, pour les divers intervenants de terrain, rend si périlleuse l’approche de la personne en difficulté avec l’alcool ? :
- leurs connaissances imprécises en la matière ?
- leur manque d’outil technique en termes de communication et d’entretien de face à face ?
- l’image qu’ils ont de l’« alcoolique » ? (et la considération qui en résulte ?)
- l’urgence qu’ils mettent à la place de la personne ?
- le fait qu’ils usent aussi du produit ?
- tiennent-ils compte de « l’environnement au produit » ?
R 23 - Constats sur la perception du produit
R 231 - Le raccourci
Tout intervenant entend dès la prononciation du mot alcool, deux extrêmes :
- la fête
- la déchéance
D’un côté l’alcool convivial.
De l’autre, l’alcoolisme ou l’ « alcoolique ».
Ils sont ainsi soumis aux mêmes normes que le public dont ils ont la charge.
Normes implicites qui régissent l’environnement social banalisé du produit :
« Boire comme tout le monde »
« Alcoolique, parce qu’il le veut bien »
Peu de nuances entre ces deux extrêmes, dont l’alcoolisme reste une fatalité, puisque souvent considéré comme irréversible, et dont l’unique solution connue ( la cure ) est mal perçue, puisque considérée dans la grande majorité des cas, comme forcément répétitive : « Il en est à sa Xe »cure« … et ça ne sert pas à grand chose… ».
D’ailleurs, est-ce que s’« arrêter de boire » est une nécessité entendue, comprise, et admissible ?
R 232 - L’ambiguïté des relations de face à face
Il s’ensuit une ambiguïté relationnelle, une véritable impasse pour l’intervenant, s’il ne s’est pas positionné lui-même par rapport aux images qu’il a du produit et débarrassé des représentations qu’il a de l’« alcoolique ».
Remarques répétées : « Il est plus facile pour nous d’aborder un toxicomane, qu’un alcoolique ».
L’alcool, produit partagé, impose aux intervenants de se questionner, donc de se distancier pour mieux aborder leurs situations professionnelles d’abord, et les personnes, ensuite.
R 233 - Les techniques d’entretien
A partir de ce positionnement, que signifie alors « accompagner la personne » ?
Lui faire admettre qu’elle est alcoolique en plaçant, à son insu, une priorité qu’elle n’a pas perçu ? Ou cheminer avec elle, jusqu’à ce qu’elle commence à percevoir, et à faire le lien, entre les difficultés qu’elle connaît et ses pratiques de consommation ?
La possession d’une technique d’entretien se révèle, dès lors, indispensable.
Daniel Feder
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