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Documentation F3A
Alcool, Alcoologie, Alcoolisme
Soins en alcoologie
P.A.R.I. Point Alcool Rencontres Informations : information 1
P.A.R.I. Point Alcool Rencontres Informations : information 1
INFORMATION
POURQUOI DE L ’INFORMATION ?
Il y a peu, quand on abordait la nécessité de pouvoir mener des actions d’informations, on pouvait ressentir une certaine incrédulité de nos interlocuteurs, une certaine fatalité même.
Il est vrai que dans un contexte de « lutte contre l’alcoolisme » on ne pouvait guère espérer que ces « alcooliques », justement, puissent devenir miraculeusement sensibles aux méfaits d’un niveau de consommation d’alcool dont ils avaient déjà largement franchi le seuil.
Les tentatives d’informations, dans ce contexte, relevaient d’un paradoxe : elles voulaient s’adresser à une majorité de la population, mais étaient tout entièrement élaborées sur un dispositif sanitaire unique, voire une pensée unique, qui ne s’adressait pas aux personnes dont on pourrait dire qu’elles seraient aujourd’hui dans l’usage à risques ou le « mésusage ».
Le discours était fondé sur l’unique vision de l’alcoolodépendance et véhiculait en même temps que la notion de « méfaits », la proposition de l’abstinence.
A l’heure actuelle, les usages ayant été mieux repérés, on comprend plus aisément qu’on ne pourrait avoir comme objectif d’une action dite de « prévention » auprès des jeunes (par exemple) de leur intimer l’abstinence, sous prétexte qu’ils ont tendance à systématiquement user de l’alcool dés qu’ils font la fête.
Des adaptations sont donc à trouver en fonction de l’individu ou du groupe d’individus destinataires de l’information.
D’autant plus que si l’on considère les habitudes de consommation des personnes, y compris les personnes alcoolodépendantes, il est aisé de s’apercevoir également qu’une information centrée sur l’acquisition de connaissances des conséquences de l’alcoolisation sur le corps reste pour le moins partielle.
Imaginons une personne qui consomme du tabac, de l’alcool, qui mange trop de chocolat et qui prend des médicaments…A force de se centrer sur le produit, on est venu à réduire l’individu à un simple consommateur : sans tenir compte de son environnement, culturel, social, familial, éducatif. Il faudra alors une multiplicité d’intervenants pour mener à bien ces informations partielles.
Da le même manière que nous ne pouvons nous permettre de voir les usagers de l’association comme des alcooliques (rien ne permet de l’anticiper), mais plutôt des personnes qui sont à l’origine d’une demande potentielle, nous ne pouvons supposer que le fait de consommer de l’alcool correspond à une difficulté quelconque et permette de stigmatiser qui que ce soit.
Les usagers de l’association rajeunissent, et certains nous rappellent qu’au-delà des produits consommés et associés, même s’ils rendent complexes parfois un accompagnement, le regard et l’intentionnalité que nous leur attribuons est, de loin, plus fondamental dans la communication qui va s’élaborer et qui sera porteuse d’une continuité relationnelle.
Jusqu’à présent, alcool et tabac étaient dissociés dans le dispositif. Aujourd’hui, c’est la personne qui est considérée dans ses comportements et attitudes.
La notion d’addictions, notamment de « pratiques addictives » permet d’appréhender dans toutes leurs dimensions biologiques, psychologiques, sociales et culturelles les comportements de consommation des individus, en même temps qu’elle rend plus cohérente la méthodologie de projet fondant des actions d’informations, basées sur la diversité des acteurs de prévention, et la visée d’objectifs communs.
La notion d’informations prend alors tout son sens si elle prend en compte les usagers, dans leurs rapports individuels et collectifs aux différents produits, et dans leurs territoires socioculturels.
I 1 - INFORMATIONS : MOTS-CLES
Prévention, société, éducation
I 2 - Fondements
I 21- Pratiques et statistiques
Si on regarde les statistiques sur la santé générale des Français, et qu’on les compare avec les chiffres de la région Nord-Pas de Calais, on constate, dans les deux départements nordistes, un retard considérable sur les ressources de santé et un décalage parfois saisissant sur les chiffres concernant certaines pathologies.
En matière d’alcoologie, bien sûr, il semble aujourd’hui inutile d’enfoncer le clou : les chiffres sont connus, le record de mortalité aussi.
Avec cette spécificité dont il faut tenir compte chez la femme, quand on parle d’agir : l’alcool est la première cause de mortalité dans la région pour la population féminine.
Si on doit parler d’information, il faut pouvoir la décliner en fonction des différentes données chiffrées en notre possession, avec notre savoir-faire et nos spécificités.
La santé des jeunes, et leurs conduites d’alcoolisation, leurs moments de consommation, différents de ceux de la génération précédente : l’usage combiné des substances psychoactives, montrent qu’à partir d’une meilleure connaissance des pratiques et de l’utilisation de ces substances, on peut espérer mieux informer.
I 22 - Information et données de Santé Publique
Mieux informer…mais à quel niveau ? Peut-on dire que des slogans du type « Un verre, ça va… » ou « Tu t’es vu quand t’as bu ? », ont eu un impact sur les populations cibles ?
Le premier slogan, en direction des adultes n’a eu guère d’effets : la consommation d’alcool au volant n’en a guère été modifiée. Le deuxième slogan, en direction des jeunes, n’a fait que renforcer le regard accusateur de celui qui voit celui qui boit…
Comment donc informer au niveau local, si on n’adhère pas aux messages diffusés de grande envergure ? A quels indicateurs se référer ? A quoi peuvent servir les chiffres ? A alerter les professionnels.
Mais ils ne sauraient indiquer la bonne méthodologie : à la rigueur quelques objectifs. Appartient-il au PARI de faire baisser le taux de mortalité par cirrhose alcoolique ? Oui et non.
Oui, en participant, comme d’autres, mais à un niveau d’intervention spécifique, à une information plus générale dont les éléments constituants convergent vers une lisibilité et une cohérence des messages.
Non, parce qu’on voit bien ici que le PARI ne peut espérer agir sur ces chiffres globaux, et que son action, par contre, peut se fonder sur deux paramètres uniquement exploitables au local : le territoire et ses acteurs.
Daniel Feder
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