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P.A.R.I. Histoire et fondements
P.A.R.I. Histoire et fondements
HISTOIRE ET FONDEMENTS
H 1 - Wazemmes : années 80 : les difficultés
L’histoire du PARI est toute entière rattachée à une partie de l’histoire d’une partie du quartier de Wazemmes.
Quartier de Lille, de 20000 habitants environ en 1990 (sur 172000 pour Lille), Wazemmes est, dans les années 80, un des quartiers qui bénéficient de la procédure de « Développement Social des Quartiers » (D.S.Q.), application directe de la politique générale du Développement Social Urbain (D.S.U.) sur une ville. C’est ainsi qu’à Lille, quatre quartiers (sur dix) sont classés « D.S.Q. » (Fives, Moulins, Bois Blancs et Wazemmes).
Les quartiers en D.S.U. sont, à leur tour, classés à l’époque en deux catégories : quartiers « sensibles », ou « en grande difficulté ». Cette distinction est liée à un certain nombre de critères économiques et sociaux relevés dans ces quartiers (ou ces villes) : si les critères révélateurs de difficultés sociales sont nombreux, le quartier est alors classé « en grande difficulté ».
A cette période, le quartier de Wazemmes, cumule de nombreux handicaps dont les indicateurs de précarité « classiques » se retrouvent principalement dans les « sous-quartiers » du versant sud.
C’est à Wazemmes que, déjà dans les années 80, on comptait le plus grand nombre de bénéficiaires du R.M.I. : cette situation perdure en l’an 2000.
Le quartier de Wazemmes est, dés lors, au vu des « indicateurs », classé « en grande difficulté ».
Ces difficultés sociales et économiques avaient une traduction au quotidien : dégradation de l’habitat, retards scolaires, rapports familiaux déstructurées et déstructurants, concentration des populations sensibles, délinquance, toxicomanie dans les cages d’escalier…bref, ces « sortes de choses » que l’on retrouvera ailleurs, sous d’autres cieux, dans d’autres quartiers en difficulté.
Wazemmes , de ce point de vue, ne faisait pas exception à la règle : on retrouvait dans le quartier les mêmes « effets de la crise » que dans les grandes barres HLM des banlieues françaises précarisées.
H 2 - Wazemmes : années 80 : des ressources
Mais contrairement aux « barres », Wazemmes est un quartier.
Intégré dans Lille, il a cette particularité d’avoir une image forte, et ce depuis le 19e siècle (date à laquelle le village de Wazemmes a été rajouté à la ville de Lille, ainsi que les quartiers d’Esquermes et de Moulins…)
Wazemmes a toujours été le quartier des « hauts faits de la délinquance » : quartier de tradition populaire et ouvrière, c’est à Wazemmes que se trouvait la plus grande guinguette de Lille, nommée « la Nouvelle Aventure » : c’est là que la nuit les gens qui s’y risquaient, se faisaient détrousser…sans compter les diverses rixes entre loubards du coin. C’est maintenant sur la « Place de la Nouvelle Aventure » que se déroule le marché.
Cette image de quartier sinon « louche » du moins « peu recommandable » reste encore vivace aujourd’hui… Si l’on rajoute à ça, un soupçon de « quartier de dealers », comme c’était le cas en 80/90, il en ressort une représentation connotée « ambiance chaude », peu propice au tourisme…
…sauf le Dimanche, où il est de tradition de venir faire un tour au « marché de Wazemmes », qui, avec ses presque 230 étals, reste le marché le plus important de la région, drainant effectivement une population variée, dont on peut voir quelques spécimens accrochés fermement à leurs sacs…
… On n’est pas loin du « boulevard du crime »…les acteurs changent, pas forcément les temps.
Pourtant, c’est à Wazemmes que se retrouve le tissu associatif et militant probablement le plus dense au mètre carré sur Lille.
Outre le fait que le quartier mobilisé s’organise dans des commissions thématiques, chaque domaine de la vie quotidienne est sous-tendu par une (au moins) association référente.
C’est ainsi que s’organise la vie citoyenne sur le quartier : des commissions instituées (logement, animation, formation/emploi, enfance / petite enfance, santé…), et des personnes ou organismes civils et locaux reconnus dans leur proximité, sans lesquels ces commissions ne seraient plus pertinentes.
Parmi les associations actives impliquées dans ces instances locales, participent à l’époque : le Centre Social, la Confédération Syndicale du Cadre de Vie (C.S.C.V.), le Centre de Soins de Wazemmes, les clubs de prévention - Itinéraires et les Craignos -, le CAL - PACT, Jeunesse Loisirs Famille (JLF), Magdala, Créafi, l’Ariap…
Parmi les personnes impliquées, outre la présence systématique de l’élue de quartier, on y trouve des professionnels de santé (médecin de PMI, médecin généraliste, pharmacien), des professionnels du social (animateurs, éducateurs, assistants sociaux…), des professionnels du scolaire (directeurs d’école, infirmières, coordinateurs/-trices Z.E.P.), et des habitants…
De temps à autre, certaines institutions participent à ces commissions…
Les habitants, eux, y participent tout le temps.
H 3 - Wazemmes : le rôle des habitants
Ce sont les habitants, organisés, qui ont réclamé le classement du quartier en « D.S.Q. »…ce sont les mêmes (ou presque) qui allaient créer le P.A.R.I. !
(C’est dire combien la tache sera rude à pouvoir les satisfaire…)
Wazemmes, en même temps que la crise, se découvrait un autre visage dans la lignée du militantisme historique ouvrier : la solidarité de proximité, ancrée dans l’action locale.
Si la vie des courées n’avait pas été forcément « rose », la proximité avait eu pour effet de créer un « besoin de solidarité ». Ce besoin-là s’était fait ressentir également dans les immeubles « à caractères sociaux » du quartier, du côté du secteur (et sous-quartier) « Magenta Fombelle » et « Arcole ».
Même si évidemment, cette solidarité ne se jouait pas sur les mêmes modalités que le syndicalisme, elle pouvait en avoir autant de poids : les revendications se faisant au plus près des habitants, la mobilisation se fondait alors sur d’autres critères. Si bien que dans ces secteurs baptisés de « déshérités », on pouvait y recenser plusieurs types de réactions « civiles », qui pouvaient d’ailleurs cohabiter : la rébellion (celle des jeunes), la désespérance (alcoolisme, toxicomanie), la revendication, l’isolement…
C’est cet esprit de revendication qui a, lentement mais sûrement, recréé du lien dans le quartier : les habitants se sont impliqués dans les associations, en ont créé…ils ont été les instigateurs de la démarche de « réseau ».
Bien sûr, tous les habitants ne sont pas présents, c’est même une minorité qui s’active. …(Mais bon…la majorité, si elle reste silencieuse, n’en désapprouve pas forcément les actions !)
A cette minorité bénévole, deux traits de caractère s’imposent : l’implication et la persévérance dans la conduite des projets !
La concrétisation du dispositif DSQ, via l’arrivée d’un chef de projet, y a été aussi pour quelque chose…tant que l’objectif aura été de faire remonter les attentes et les projets des habitants.
Progressivement, Wazemmes se met en place et mutualise les échanges entre professionnels et habitants. « Le P.A.R.I. » dés lors est en gestation…
Daniel Feder
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