Article de la base documentaire de la F3A
Vous êtes ici
Documentation F3A
Alcool, Alcoologie, Alcoolisme
Soins en alcoologie
P.A.R.I. Histoire et fondements 3
P.A.R.I. Histoire et fondements 3
H 6 - Axes de création
Compte tenu des expériences de nos « spécialistes » et des (nombreuses) questions de nos « candides », il a été dessiné des axes forts, à partir d’une structure associative collégiale qu’il fallait créer.
En 1992, il a été décidé de créer une association (dont les administrateurs allaient être principalement les participants de la commission Santé) pour pouvoir continuer de réfléchir de façon « autonome et sereine » sur le sujet.
En effet, en observant le dispositif existant, on s’apercevait que « l’alcoolisme étant compétence d’état », toute réflexion pouvait être subordonnée à une instance bien extérieure au quartier.
Il fallait donc créer, pour être tranquille, une association : qu’on allait appeler….comment au fait ?
Allait-on nommer le mot « alcool » ou « alcoolisme » ?
Quel en serait l’objet ?
En même temps qu’on en définissait l’objet, et qu’on écoutait les représentants d’associations d’anciens buveurs nous dire qu’il serait temps de ne plus tourner autour du pot en nommant les mots, on entrevoyait la possibilité d’activités dans cette association.
La stratégie adoptée semblait induire des axes d’actions qui devenaient évidents au fur et à mesure de la réflexion.
H 61 - On nomme le mot alcool
Après une discussion passionnante, il a été décidé finalement d’utiliser le mot « alcool » dans le titre de l’association. Avec tous les risques conscients qu’induisait l’usage du terme…vocable de rejet ou d’appel, les avis divergeaient.
Mais tous étaient persuadés néanmoins qu’il fallait clarifier et simplifier….alors pourquoi pas le mot « alcool » ?
H 62 - On définit l’objet : demandes et attentes
Surtout que le terme était plus proche de l’objet de l’association qui est de « répondre aux demandes relatives à l’alcool ». Plus proche que le mot alcoolisme en tout cas, qui connotait déjà une préoccupation essentielle, qui paraissait bien réductrice, et qui aurait pu se résumer comme : on ouvre une structure uniquement en direction des personnes dont on dit pudiquement qu’elles sont « en difficulté avec l’alcool » mais dont on pense qu’elles sont « alcooliques »… Ce qui ne voulait plus dire grand chose.
En effet, la définition de l’objet statutaire montre bien que l’association ne se fondait pas sur des besoins reconnus (hyper épidémiologiquement recensés), mais qu’elle trouvait son fondement dans les besoins « estimés », voire ressentis par les porteurs du projet, dans des attentes supposées plutôt que dans des symptômes décrits…
A l’époque, la méthodologie émergente fondant les projets sociaux, se basait sur la demande…en écoutant les uns et les autres, on se doutait bien que la demande en matière d’alcoologie ne pourrait s’exprimer « comme par enchantement » : trop de réticences avaient été mises à jour.
On ne pouvait espérer que répondre à des attentes en prenant l’initiative de proposer « un menu » d’activités et de services dans lesquels les personnes seraient susceptibles de trouver un intérêt.
La place était donc faite à une « imagination réaliste », sur des attentes supposées.
H 63 - On se cherche un emplacement…
Donc on allait ouvrir une structure sur « l’alcool » ce qui sous entendait de ne pas se préoccuper uniquement des « malades », mais aussi des proches, des femmes, des jeunes, d’informations, etc.
La petite pelote n’en finissait plus de se dérouler…
Allez, si on ouvre, on ouvre avec le mot « alcool » et dans un endroit fréquenté : c’était devenu évident.
L’objectif était surtout, en fait, de ne pas ouvrir dans un endroit caché.
Nos investigations allaient nous mener là où jamais nous aurions pensé aboutir : avoir « pignon sur rue » sur l’endroit le plus stratégique du quartier, au milieu des commerces, surtout des bistrots et autres brasseries…nous allons ouvrir notre local sur la Place du Marché !
Daniel Feder
Lire la suite P.A.R.I. Histoire et fondements 4
Version imprimable