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Documentation F3A
Alcool, Alcoologie, Alcoolisme
Soins en alcoologie
P.A.R.I. Histoire et Fondements 2
P.A.R.I. Histoire et Fondements 2
H 4 - Naissance d’une idee alcoologique
Cette gestation se fera via la commission Santé du quartier. Créée en 88, la commission Santé s’attaque aux difficultés rencontrées avec les toxicomanes.
Ils squattent les entrées d’immeubles, ils dealent…les problèmes de cohabitation, de compréhension, de violence se dévoilent... les structures spécialisées échangent avec les habitants : des projets se mettent en place… les difficultés semblent s’aplanir.
Si le problème de toxicomanie n’est pas réglé, il se fait moins pesant…
Par contre, l’alcool semble provoquer dans les mêmes endroits (mais localisés différemment) des effets tout aussi désastreux. Une association caritative du quartier enfonce le clou (une fois de plus) et répète inlassablement : « mais qu’est-ce qu’on peut faire pour les alcooliques du quartier » ?
Cette interrogation semble alors relayée par les participants de la commission Santé, qui, effectivement, se questionnent ensemble : l’alcool, pourquoi n’en parle-t-on pas ? Quand est-ce qu’on devient alcoolique ? Les associations d’anciens buveurs : où sont-elles ? Qui peut s’occuper des alcooliques ? Les professionnels présents semblent quelque peu démunis devant ces question…Mais, à deux pas de là, le service d’alcoologie du C.H.R.U. de Lille jouxte le quartier…
Et si son responsable venait nous expliquer ?
Il est venu…C’était en 1990…et dix ans après, il est toujours là…
En même temps, les associations d’anciens buveurs intégraient la réflexion.
Le projet pouvait alors être discuté : on avait d’un côté, les « spécialistes », et de l’autre, les « candides ». La partie pouvait commencer…
H 5 - La Pose des Fondations
De 1990 à 1994, les initiateurs du projet se sont rencontrés régulièrement (tous les 46 jours), et ont enrichi leur réflexion grâce à des commissions techniques faisant intervenir différents professionnels ainsi que différentes structures.
Plus de soixante personnes ont apporté leur contribution au projet de ce qui allait devenir « le P.A.R.I. ».
Les interrogations se faisaient plus précises, les préoccupations essentielles se définissaient.
Certains des questionnements semblaient remettre en cause le dispositif existant :
on savait que chez les 27 médecins généralistes du coin qui avaient été visités, deux indications d’hospitalisation en moyenne et, par mois, pour sevrage alcoolique, étaient préconisées, et que, d’un autre côté, les patients n’arrivaient pas dans le service…où étaient passés ces patients ?
on savait aussi, grâce aux anciens buveurs, que « c’est pas parce qu’on vous dit que vous êtes alcoolique, que vous l’êtes ! » : soit, on peut estimer, pourquoi pas, que le diagnostic est imparfait, soit on peut en déduire aussi qu’une personne n’est pas forcément prête, même si cela peut-être justifié, à se considérer comme « alcoolique ».
on pouvait même penser que la résolution du problème, ne passait pas forcément par un médecin…
dans le même ordre d’idée, peut-être que l’alcoolisme, comme le disent certains, serait une maladie…
Quant aux préoccupations des concepteurs de l’association, mis à part celles concernant les personnes précarisées, deux d’entre elles sont prédominantes : Il faut faire quelque chose pour les femmes…mais on ne sait pas quoi… Il faut faire de la prévention auprès des jeunes…mais on ne sait pas comment…
Depuis 1990, on sait juste un (tout) petit peu mieux…
Daniel Feder
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