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Manifeste de la F3A Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie : III. Des objectifs à redéfinir (d, e, f)
Article de la base documentaire de la F3A
Manifeste de la F3A Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie : III. Des objectifs à redéfinir (d, e, f)
II. La F3A a 10 ans
Tenir compte d’évolutions importantes dans l’environnement
Une approche de santé publique avec une priorité « alcool » réaffirmée
III. Des objectifs à redéfinir, des moyens à réunir Les objectifs
a. Limiter la fréquence de la consommation dangereuse de substances psychoactives
b. Assurer un repérage précoce des comportements à risques pour permettre une intervention auprès des consommateurs avant l’apparition de dommages
c. Améliorer (en fréquence et en qualité) le diagnostic des dommages induits pour renforcer l’efficacité des interventions à caractère médical ; favoriser la reconnaissance d’autres modes d’intervention(s)
d. Améliorer les connaissances sur les traitements (créer des connaissances, les diffuser, modifier les pratiques thérapeutiques) et plus généralement sur les modes d’intervention
Le quatrième point concerne les chercheurs,
les universitaires, et pas seulement dans le
domaine médical mais aussi psychologique et
social, et les cliniciens au sens large. Les
traitements ne sont en effet pas seulement
médicamenteux, et la relation thérapeutique,
c’est-à-dire une prise en compte de la dimension
psychologique et relationnelle du soin, est
la base de toute prise en charge. Ses modalités
sont d’ailleurs variables selon les écoles,
et l’évaluation de ces interventions est loin
d’être entrée dans les moeurs françaises. Il
manque à l’évidence en France de dynamique
de recherche sur les addictions et notamment
sur les traitements, faute de moyens financiers
et d’une impulsion générale régulière,
prolongée, cohérente. Les croyances des différentes
équipes ou des différents intervenants
sont ainsi le plus souvent leur boussole dans
l’intervention.
La résistance au changement est perceptible,
comme par exemple sur les modalités du
sevrage ou la prise en charge des substitutions
nicotiniques ou opiacées. Les techniques éprouvées
à l’étranger peinent à être diffusées en
France. Les interventions précoces de conseils
restent peu connues chez les médecins, les
infirmières, les psychologues et les travailleurs
sociaux.
Les techniques de mobilisation des équipes
et d’enseignement ou de formation mériteraient
également d’être évaluées. Les interventions
dépassant le cadre individuel, comme
les actions de prévention ou de mobilisation
communautaire, sont peu visibles faute de
publication, et le savoir-faire n’en est transmis
nulle part.
La prévention primaire et secondaire souffre
d’un faible crédit faute de diffusion des éléments
de preuve de son intérêt. Des questions
centrales restent posées, où l’absence de
réponse scientifique nuit à la crédibilité des
interventions : par exemple, qui faut-il hospitaliser
e. Prévenir les handicaps secondaires et en assurer la prise en charge en cas d’échec de la prévention
Le cinquième point concerne plusieurs champs,
plusieurs catégories de handicaps.
Le handicap physique lié à l’alcool concerne
essentiellement les conséquences du syndrome
d’alcoolisation foetale, des accidents, notamment
de la route, celles des violences interpersonnelles
ou des « suicides manqués », et les
handicaps liés aux maladies chroniques liées à
l’alcool, par exemple cirrhose ou cancer des
voies aéro-digestives supérieures.
Pour le tabac, les handicaps physiques sont
dans le registre cardio-respiratoire et carcinologique.
Pour les drogues illicites, l’héroïne
favorise une incurie qui se traduit souvent par
des déficits physiques, mais c’est surtout les
virus qui conduisent aux situations de handicap.
Les handicaps psychiques relationnels et sociaux
sont au moins aussi importants, notamment
pour l’alcool qui est un facteur majeur de
désocialisation et de détérioration psychique.
Il est frappant de remarquer que certains handicaps
ne sont toujours absolument pas pris en
compte, comme, par exemple, les conséquences de l’alcoolodépendance : pas de structures
d’évaluation et de soin pour les patients
présentant des troubles cognitifs graves liés à
l’alcool (50 000 personnes en France ? Pas de
mesure du phénomène) ; peu de structures de
réadaptation sociale pour les personnes désocialisées
présentant une dépendance alcoolique
(200 000, 500 000 personnes ?).
Un accompagnement adapté semble pourtant
un objectif réaliste dans l’un et l’autre cas.
f. Donner à la diffusion des connaissances une cohérence au regard des objectifs de santé publique.
Le sixième et dernier point met l’accent sur
la nécessaire cohérence d’une politique de formation
ayant pour objet les usages des produits
psychoactifs et leurs conséquences.
Cette politique concerne l’ensemble de la
société. La formation de l’ensemble des professionnels
de santé doit bien sûr être reformatée,
mais, au-delà, l’approche des questions
d’addiction doit être présente dans l’ensemble
des formations des professions sanitaires et
sociales, et pourquoi pas celles de l’animation,
celles des maîtres… Le besoin d’information
sur les produits et de formation sur l’approche
des problèmes liés à leur consommation
est perçu dans des secteurs très massifs de
la société. Mais la diversité des personnes
en capacité d’intervenir nécessite qu’un plan
cohérent de formation soit défini à partir d’une
évaluation des besoins dans chaque profession
ou institution concernée, et des ressources en
terme de formateurs, lors des formations initiales
et en formation continue. Le contenu
des transmissions de savoir et de savoir-faire
devrait être défini par une « commission de
consensus » sur les priorités, en lien avec les
objectifs ci-dessus.
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