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Article de la base documentaire de la F3A

Manifeste de la F3A Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie : II. La F3A a 10 ans, Une approche de santé publique avec une priorité« alcool » réaffirmée

Manifeste de la F3A texte long
lundi 4 octobre 2004.

I. Préambule

II. La F3A a 10 ans

Tenir compte d’évolutions importantes dans l’environnement

Une approche de santé publique avec une priorité « alcool » réaffirmée

La F3A s’est résolument prononcée en faveur d’une approche addictologique des questions liées aux consommations problématiques de substances psychoactives.
Cela ne l’empêche pas de continuer à donner la priorité au développement de l’alcoologie en France. En effet, la consommation problématique d’alcool demeure parmi les facteurs principaux de troubles sanitaires et sociaux dans notre pays : environ 5 millions de personnes présentant des consommations à risques ou dommageables, un million et demi de personnes dépendantes, 45 000 morts par an, le premier facteur de réduction de l’espérance de vie, en particulier chez les hommes, une souffrance induite chez l’entourage des dépendants difficile à mesurer mais massive, un coût économique et social supérieur encore à celui du tabac.
Les critères pour rappeler cette nécessaire attention prioritaire aux problèmes liés à l’alcool ne manquent donc pas.
Si le concept d’addictologie est puissant à nos yeux, si l’approche addictologique des phénomènes de consommations dangereuses de produits permet de décloisonner les pratiques, les structures, les métiers, de sortir de la stigmatisation de telle ou telle catégorie d’usagers, de tel ou tel mode de consommation, il convient néanmoins de ne pas tout mélanger, de ne pas se tromper sur l’ampleur des phénomènes. Les consommations problématiques d’alcool restent le phénomène de masse le plus préoccupant, et le dispositif est encore loin de répondre de façon satisfaisante aux besoins de prévention, d’information, de formation, d’accompagnement et de soin.
En d’autres termes, focaliser à outrance sur un produit (cannabis, ecstasy,…) et/ou sur un public (les jeunes…) peut faire oublier que l’usage banalisé de l’alcool, produit culturel par excellence, s’accompagne obligatoirement d’un risque qui peut se traduire à court ou à long terme par des accidents, des conséquences sociales et médicales.
L’alcool est omniprésent, et la société dans son ensemble est concernée par le risque alcool. Le dispositif alcoologique, qui s’investit prioritairement dans l’aide et le soin, ne peut trouver sa cohérence que dans la mesure où il contribue à faire évoluer les représentations de la société, les connaissances des citoyens et les réponses sociétales dont il est partie prenante.
Dans un champ qui va de la prévention primaire aux soins les plus lourds, de la réduction des risques à la prise en compte du handicap, chaque structure, chaque intervenant dans le dispositif doit percevoir l’ensemble des besoins et leur nécessaire articulation.
Il y a encore beaucoup à faire pour décloisonner les approches, les pratiques, les structures. L’alcoolodépendance, qu’on a aussi appelée maladie alcoolique, a été jusqu’à présent le paradigme de la compréhension des problèmes liés à l’alcool.
Le modèle médical de cette « maladie de la dépendance » est pourtant battu en brèche par l’étude des phénomènes d’alcoolisation qui montre une grande variété de rapports à l’alcool s’accompagnant d’une difficulté plus ou moins grande à modifier son comportement, et de conséquences dont la gravité n’est pas nécessairement corrélée à l’intensité de la dépendance.
La mortalité, la souffrance psychique et sociale liées à l’alcool ne concernent pas seulement les alcoolodépendants.
Il est aussi utile de rappeler que le tabac tue probablement plus d’alcoolodépendants que l’alcool : s’occuper des « problèmes liés à l’alcool » ouvre naturellement à la prise en compte des usages d’autres toxiques et, plus généralement, aux facteurs personnels et sociaux qui influencent les consommations et le devenir des consommateurs.
La Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie est donc ouverte à tous ceux qui interviennent, à titre salarié ou bénévole, pour réduire le fardeau lié aux consommations à risque et aux consommations dommageables d’alcool et de substances psychoactives, qu’ils appartiennent au champ sanitaire, au monde du travail social, à la justice, à la culture, à la vie de la cité.
Cependant, pour tenir compte des données épidémiologiques, elle maintient un axe de travail prioritairement « alcool ».

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