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Manifeste de la F3A Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie : II. La F3A a 10 ans, Une approche de santé publique avec une priorité« alcool » réaffirmée
Article de la base documentaire de la F3A
Manifeste de la F3A Fédération des acteurs de l’alcoologie et de l’addictologie : II. La F3A a 10 ans, Une approche de santé publique avec une priorité« alcool » réaffirmée
II. La F3A a 10 ans
Tenir compte d’évolutions importantes dans l’environnement
Une approche de santé publique avec une priorité « alcool » réaffirmée
La F3A s’est résolument prononcée en faveur
d’une approche addictologique des questions
liées aux consommations problématiques de
substances psychoactives.
Cela ne l’empêche pas de continuer à donner
la priorité au développement de l’alcoologie
en France. En effet, la consommation problématique
d’alcool demeure parmi les facteurs
principaux de troubles sanitaires et sociaux
dans notre pays : environ 5 millions de personnes
présentant des consommations à risques
ou dommageables, un million et demi de personnes
dépendantes, 45 000 morts par an, le
premier facteur de réduction de l’espérance
de vie, en particulier chez les hommes, une
souffrance induite chez l’entourage des dépendants
difficile à mesurer mais massive, un coût
économique et social supérieur encore à celui
du tabac.
Les critères pour rappeler cette nécessaire
attention prioritaire aux problèmes liés à l’alcool
ne manquent donc pas.
Si le concept d’addictologie est puissant à nos
yeux, si l’approche addictologique des phénomènes
de consommations dangereuses de produits
permet de décloisonner les pratiques, les
structures, les métiers, de sortir de la stigmatisation
de telle ou telle catégorie d’usagers,
de tel ou tel mode de consommation, il convient
néanmoins de ne pas tout mélanger, de ne
pas se tromper sur l’ampleur des phénomènes.
Les consommations problématiques d’alcool
restent le phénomène de masse le plus préoccupant,
et le dispositif est encore loin de
répondre de façon satisfaisante aux besoins de
prévention, d’information, de formation, d’accompagnement
et de soin.
En d’autres termes, focaliser à outrance sur
un produit (cannabis, ecstasy,…) et/ou sur un
public (les jeunes…) peut faire oublier que
l’usage banalisé de l’alcool, produit culturel
par excellence, s’accompagne obligatoirement
d’un risque qui peut se traduire à court ou à
long terme par des accidents, des conséquences
sociales et médicales.
L’alcool est omniprésent, et la société dans son
ensemble est concernée par le risque alcool.
Le dispositif alcoologique, qui s’investit prioritairement
dans l’aide et le soin, ne peut trouver
sa cohérence que dans la mesure où il contribue
à faire évoluer les représentations de la société,
les connaissances des citoyens et les réponses
sociétales dont il est partie prenante.
Dans un champ qui va de la prévention primaire
aux soins les plus lourds, de la réduction
des risques à la prise en compte du handicap,
chaque structure, chaque intervenant dans le
dispositif doit percevoir l’ensemble des besoins
et leur nécessaire articulation.
Il y a encore beaucoup à faire pour décloisonner
les approches, les pratiques, les structures.
L’alcoolodépendance, qu’on a aussi appelée
maladie alcoolique, a été jusqu’à présent le
paradigme de la compréhension des problèmes
liés à l’alcool.
Le modèle médical de cette « maladie de la
dépendance » est pourtant battu en brèche
par l’étude des phénomènes d’alcoolisation qui
montre une grande variété de rapports à l’alcool
s’accompagnant d’une difficulté plus ou
moins grande à modifier son comportement,
et de conséquences dont la gravité n’est pas
nécessairement corrélée à l’intensité de la
dépendance.
La mortalité, la souffrance psychique et sociale
liées à l’alcool ne concernent pas seulement
les alcoolodépendants.
Il est aussi utile de rappeler que le tabac
tue probablement plus d’alcoolodépendants
que l’alcool : s’occuper des « problèmes liés
à l’alcool » ouvre naturellement à la prise
en compte des usages d’autres toxiques et,
plus généralement, aux facteurs personnels et
sociaux qui influencent les consommations et
le devenir des consommateurs.
La Fédération des acteurs de l’alcoologie et
de l’addictologie est donc ouverte à tous ceux
qui interviennent, à titre salarié ou bénévole,
pour réduire le fardeau lié aux consommations
à risque et aux consommations dommageables
d’alcool et de substances psychoactives, qu’ils
appartiennent au champ sanitaire, au monde
du travail social, à la justice, à la culture, à la
vie de la cité.
Cependant, pour tenir compte des données
épidémiologiques, elle maintient un axe de
travail prioritairement « alcool ».
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