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Maladies virales agravées par une alcoolopathie hépatique

Dr Jacques Viala-Artigues et Christian Mechetti
lundi 20 octobre 2003.

L’alcool de par sa toxicité hépatique est un facteur aggravant des hépatites notamment virales.

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HEPATITE B

La prévalence d’un contact avec le virus de l’hépatite B est discrètement plus élevée chez les alcoolodépendants que dans un groupe témoin.
La présence de marqueurs VHB chez un sujet présentant des lésions hépatiques rend le pronostic plus péjoratif.
Un porteur de lésions chroniques d’origine virale, consommateur de plus de 50 g d’alcool / jour (5 verres), a des perturbations biologiques et anatomiques plus importantes.
La vaccination de l’hépatite B est toujours possible mais il faut savoir que la réponse immunitaire est médiocre chez un malade atteint de cirrhose et inconstante chez un sujet de plus de 40 ans.
Il convient d’assurer la réelle protection vaccinale par contrôle de la réponse immunitaire : mesure des anticorps anti HBs.

HEPATITE C

Il existe également une discrète prévalence de la présence d’anticorps anti VHC chez les sujets alcoolodépendants, sans autre facteur de risque habituel (toxicomanie, transfusion sanguine avant 1991, tatouage, endoscopie …)
En 1999, le nombre de contaminés était évalué à 600 000.
20% d’entre eux évolueront vers une guérison spontanée et 80% vers une chronicité avec parmi eux de 50 à 60% de guérisons dues à la bithérapie.
Bien sûr les consignes d’abstinence d’alcool sont proposées pour plusieurs raisons :
• Il y a des difficultés à évaluer biologiquement et anatomiquement les lésions dues à l’alcool et celles dues à l’hépatite C et donc à élaborer un bilan décisionnel.
• Eliminer une toxicité « acceptable » pour la plupart des malades atteints qui sont non dépendants de l’alcool.
• Envisager une « prise en charge renforcée » chez un malade alcoolodépendant de sevrage et d’aide au maintien de l’abstinence.
Face à ces consignes d’abstinence, des questions sont souvent posées : « Y a-t-il une dose minimale acceptable ? » … « Une consommation exceptionnelle est-elle à conséquences ? » … la seule réponse raisonnable que peut faire un médecin est de renouveler sa proposition d’abstinence.
Il faut savoir qu’un traitement par interféron (traitement classique des hépatites C) semble inefficace à partir d’une consommation supérieure ou égale à 70 g soit 7 verres.

SIDA … HIV

Il n’est pas démontré que l’usage d’alcool de l’ordre de 2 verres ou plus par modifie le devenir de la maladie.
Par contre l’alcoolisation aiguë est un facteur de risque important de contamination par défaut de vigilance (préservatif etc…).

Que faudrait-il en retenir ?

a. il est difficile d’élaborer des évaluation biologiques concernant les hépatites s’il y a des lésions dues à l’alcool
b. la prévalence d’un contact avec le virus B ou C est plus élevée chez les alcoolodépendants
c. L’alcool entre en compétition avec les traitements des hépatites virales
d. Il n’est pas démontré que l’usage d’alcool modifie le devenir de la maladie dans le cas du SIDA


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