Article de la base documentaire de la F3A

Vous êtes ici Documentation F3A Alcool, Alcoologie, Alcoolisme Soins en alcoologie Le P.A.R.I. Le Point Alcool Rencontres Informations : accueil 1

Le P.A.R.I. Le Point Alcool Rencontres Informations : accueil 1

expérience des médecins généralistes, expérience des anciens buveurs
vendredi 16 janvier 2004.

Sommaire ACCUEIL

Les activités « de base » proposées au P.A.R.I. résultent d’un côté, d’une réflexion « historique » d’acteurs spécialisés et non spécialisés, qui se sont rendu compte de la valeur cumulative et exponentielle des partages d’expérience, de la complémentarité de vue entre d’un côté des spécialistes et de l’autre des « candides », et d’autre part, d’une remise à plat récente (sur les années 2001 et 2002), engagés à la fois au sein du Conseil d’Administration et conjointement au sein de l’équipe, incluant les différents acteurs impliqués, notamment au niveau de l’accueil, par le biais de quatre temps (soit 16 modules) de formations qui ont réuni bénévoles et professionnels sur la question initiale de « La gestion conflits et situations d’agressivité » . Pour aboutir, aujourd’hui, à une définition « des règles de vie » dans l’association, fondées elles aussi sur un questionnement des valeurs, des missions, de l’adaptation de l’activité d’accueil aux usagers, et surtout aussi sur l’acquisition de ces « nouvelles connaissances en alcoologie ».

Ces deux mouvements internes conjointement développés, il nous est possible d’énoncer les fondements de nos activités à partir de situations vécues, rencontrées, de paroles entendues, de manière intuitive ou qualitative, en même temps que de nouvelles connaissances plus objectives viennent les étayer : en effet, une nouvelle terminologie, l’apparition du champ des « addictions » et les études statistiques menées en alcoologie, notamment celle de l’Inserm (à paraître en 2003), viennent conforter ces intuitions par des éléments observés du point de vue sociologique et une sémantique sur les usages qui fait actuellement l’objet de « recommandation en pratiques cliniques » (cf. congrès de la Société Française d’Alcoologie - Mars 2003 - « Les mésusages en dehors de la dépendance »).

Dans tous les cas, l’évolution de la pensée, des pratiques, du dispositif et des nouvelles modalités d’informations montre combien un dispositif trop longtemps et uniquement tourné vers les « alcooliques » a induit une pensée manichéenne sur l’alcoologie : en gros, en dehors du beaujolais nouveau, point de salut : soit l’alcool est convivial et donc le reflet d’une parfaite intégration sociale, soit il n’est pas, sauf réservé à une étrange population marginalisée « les alcooliques ».

En dehors de ces extrêmes, confortés donc par un dispositif et une terminologie inadaptée, il n’y avait poInt de salut.

Sommaire POURQUOI « ACCUEILLIR » ?


FONDEMENTS INTUITIFS

ENTRETIENS AVEC LES MEDECINS GENERALISTES

La première démarche spécifique fut donc de rencontrer les médecins généralistes du quartier, pour cerner les difficultés qu’il pouvait rencontrer vis à vis de leur « patientèle » en matière d’alcoologie.

Le nombre d’indications d’hospitalisation relevées, deux par mois par médecin généraliste, ne permettait pas de conclure à un acheminement effectif des personnes vers le service concerné : on notait donc une réelle déperdition des ces orientations.

Il est à rappeler à ce sujet, qu’à l’époque les vitamines venaient d’être déremboursées, et qu’apparaissaient chez les patients de ces médecins une recrudescence de troubles de perte de mémoire ou de

En même temps que ces troubles apparaissaient, les pharmaciens nous faisaient part d’une baisse conséquente de chiffres d’affaires sur les vitamines auparavant prescrites et préventives de ces troubles.

De récentes études montrent également combien les médecins généralistes sont en questionnement sur des techniques d’intervention brèves, et que la relation « soignant / soigné » ou « médecin / patient en difficulté avec l’alcool » (comment la créer, comment la maintenir) est aussi une de leur préoccupation.

Si les médecins parlent « d’intervention brève » c’est probablement pour la raison principale qu’ils ont peu de temps à accorder à leurs patients : et que de toute évidence, un patient qui vient consulter pour des « problèmes d’alcool » nécessite, d’une part, d’entrer en relation ou de consolider celle-ci, et d’autre part, un temps qui ne peut se résumer qu’à un simple interrogatoire sur les quantités consommées.

En cela, « le P.A.R.I. » reste un lieu d’expression et d’écoute important qui peut venir consolider un accompagnement réalisé par les médecins généralistes.
L’accueil est un moyen de prendre du temps avec les usagers, un moyen aussi de leur en donner.

Sommaire EXPERIENCE DES ANCIENS BUVEURS

A l’écoute des différents parcours des anciens (et anciennes) buveurs (ses), il était, et, est toujours, frappant de constater qu’ils ont, d’une certaine manière tarder à se rapprocher d’un interlocuteur en alcoologie.

Apparemment pour la raison bien simple qu’ils croyaient, eux aussi, à l’image unique de la représentation de l’alcoolique : quelqu’un de non volontaire, d’incapable, voire de « vicieux ».

Cette vision unique de cet être bizarre que serait l’alcoolique, anormal en tout cas, serait, pour n’importe qui, difficile à s’attribuer à soi-même : la tendance est alors de remettre au lendemain tout type d’interrogation, car en fait, il n’y a pas possibilité de s’interroger : l’image s’impose d’elle-même, elle va de soi…et tant que la personne a des moments de lucidité, voire d’arrêt (« je m’arrête quand je veux ») elle ne peut pas être alcoolique.

On se retrouve là, dans une attitude qui diffère continuellement un questionnement rendu impossible par le dispositif même, en tout cas à l’époque : on va consulter dans un service spécialisé parce qu’on est alcoolique, il n’y a pas d’autres alternatives …

Le dispositif a bien sûr changé, mais pourtant encore aujourd’hui, des nombreux entretiens que nous avons pu réaliser, l’image du dispositif est encore bien réduite à la « cure », et à l’unique proposition d’abstinence…

Apparemment le manque d’alternative à une prise en charge médicalisée (voire un « engrenage médicalisé ») freinait les démarches des personnes qui ne se reconnaissaient pas dans le système proposé.

L’intuition des concepteurs du P.A.R.I., aidés en cela par les questionnements des professionnels de santé, fut juste d’émettre une hypothèse comme quoi, on ne devient pas alcoolique du jour au lendemain, d’une part, et que d’autre part, on ne pouvait guère non plus admettre cette unique situation d’alcoolisme au regard de la diversité des comportements qui pouvaient être relevés ici et là.

Le fait d’instaurer un accueil avec des bénévoles avait un double objectif :
inscrire un lieu ou des personnes pourraient venir « poser leur valise », discuter d’alcool
proposer un nouveau type d’intervenants, des « accueillants », dont l’objectif serait uniquement de remettre du lien là ou il semblait être perdu : c’est à dire, avoir des intervenants qui par leur statut semblaient susceptibles d’instaurer une relation d’écoute, informative, hors du champ de la prise en charge et réhabilitant d’emblée l’usager comme une « personne » susceptible de se situer et d’être elle-même à l’origine d’une éventuelle démarche médicalisée.

Daniel Feder

Lire la suite Le P.A.R.I. Le Point Alcool Rencontres Informations : accueil 2

Version imprimable de cet article Version imprimable
Contacter la Fédération des acteurs de l'alcoologie et de l'addictologie: Retrouverez les coordonnées de la F3A, Vous trouverez aussi un bulletin d'adhésion imprimable pour l'année 2008

Rubriques

Votre structure