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La santé des élèves de 11 à 15 ans en France : données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged children (HBSC) 2005
La santé des élèves de 11 à 15 ans en France : données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged children (HBSC) 2005
lundi 22 mai 2006.
Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé. (I.N.P.E.S.)
Auteurs GODEAU E. GRANDJEAN H. NAVARRO F.
Extraits du Dossier de presse
« »" TABAC
- Une initiation au tabac en recul par rapport à 1998 Globalement, plus du tiers des élèves (35,6%) dit avoir déjà fumé. La mesure de l’initiation au tabac étant par définition cumulative, les taux augmentent significativement entre 11 et 15 ans. On passe ainsi de 12,1% pour les 11 ans, à 32,9% pour les 13 ans et 62,9% pour les 15 ans.
A 11 ans, les proportions d’initiés au tabac sont significativement plus élevées chez les garçons que chez les filles (respectivement 14,4% vs. 9,7%), à 13 ans elles sont équivalentes (resp. 33,7% vs. 32,2%), mais à 15 ans, on observe une inversion de la tendance (respectivement 60,7% vs. 64,2%).
83,7 % des jeunes de 11-15 ans sont non-fumeurs Sont considérés ici comme fumeurs hebdomadaires les jeunes qui fument au moins une fois par semaine. Depuis quelques années, il s’agit de la définition usuelle du tabagisme hebdomadaire : cette catégorie inclut donc les fumeurs quotidiens. La majorité des jeunes (83,7%) déclare ne pas fumer actuellement, 5,1% moins d’une fois par semaine (soit 31,0% des fumeurs) et 11,3% au moins une fois par semaine (soit 69% des fumeurs). Enfin, 7,7% déclarent fumer quotidiennement (47,2% des fumeurs). Ces données globales sont explorées plus en détail dans l’ouvrage.
Dans leur grande majorité, les jeunes interrogés (83,7%) dans l’enquête HBSC se déclarent nonfumeurs, ce qui est indiscutablement positif. Néanmoins, compte tenu des troubles de la santé liés au tabagisme d’une part, et du fait que le tabagisme précoce soit actuellement suspecté d’être la première étape pouvant conduire à d’autres formes d’usage et d’abus de substances d’autre part, il n’est pas négligeable de constater que deux jeunes Français de 15 ans sur trois et plus d’un sur dix de 11 ans ont déjà essayé de fumer.
Mais il convient également de souligner le fait que les taux d’élèves initiés au tabac ont diminué dans chacun des trois groupes d’âge entre l’enquête réalisée en 1998 et celle de 2002 (11 ans : 16,6% en 1998 vs. 12,1% en 2002, 13 ans 44,5% vs. 32,9% et 15 ans 65,6% vs. 62,9%), constat partagé par d’autres enquêtes nationales et internationales. Il en est de même pour les taux de fumeurs (1998 : 50,6% de filles et 49,5% de garçons fumeurs quotidiens vs. resp. 47,0% et 47,3% en 2002). Depuis plusieurs années, les filles ont “rattrapé” les garçons (2-5) : ainsi à quinze ans, plus de filles que de garçons ont déjà essayé de fumer (64,2% vs. 60,7%) et elles fument autant qu’eux.
- Une tendance au déclin du tabagisme chez les jeunes dans les pays d’Europe de l’Ouest mais une tendance inverse en Europe de l’Est. Ces constats faits dans notre pays ne sont pas isolés. En effet, la version 2002 de l’enquête HBSC montre une tendance globale faible mais avérée au déclin du tabagisme chez les jeunes dans les pays d’Europe de l’Ouest mais une tendance inverse en Europe de l’Est. En outre, il semble que l’on observe un schéma géographique qui voit les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest s’opposer aux pays d’Europe centrale et de l’Est concernant le tabagisme féminin. Les premiers ayant des filles plus fumeuses, même précocement, les derniers ayant des modes de tabagisme plus “traditionnels”, avec des garçons qui fument plus et plus tôt que leurs camarades du sexe opposé. Ces indices, relevés dans la population adolescente d’HBSC en 2002, semblent cohérents avec un phénomène plus global : l’installation d’un nouveau modèle concernant le tabac dans lequel l’augmentation du tabagisme féminin s’inscrirait dans un plus grand changement du statut des femmes dans les pays industrialisés.
Depuis la première participation de la France à l’enquête HBSC en 1994, on constate que le tabagisme des adolescentes a proportionnellement moins diminué que celui des garçons du même âge. Un tel constat, partagé par de nombreux pays occidentaux, militerait en faveur de programmes de prévention non seulement centrés sur les jeunes, mais plus particulièrement sur les filles.
ALCOOL
- Une initiation à l’alcool qui commence tôt…
L’initiation à l’alcool se fait précocement puisque, dans notre échantillon, plus d’un élève de 11 ans sur cinq (22,6 %) déclare en avoir déjà consommé. A 15 ans les élèves sont 61,9 % dans ce cas. Globalement, l’expérimentation de l’alcool concerne plus les garçons que les filles (65,3 % des garçons vs 58,7 % des filles).
- … mais 67,8% des élèves de 15 ans déclarent n’avoir jamais connu d’épisode d’ivresse… L’analyse de l’âge lors de la première ivresse a été restreinte aux élèves du groupe d’âge des 15 ans. Il se situe aux alentours de 13 ans et demi, un peu plus tard chez les filles que chez les garçons. Rappelons que 67,8 % des élèves de 15 ans déclarent n’avoir jamais connu d’épisode d’ivresse.
… 75,8% se déclarent même abstinents lors de l’enquête… Plus des trois quarts des élèves interrogés (75,8 % soit 70,5 % des garçons et 81,0 % des filles) déclarent ne pas consommer de boissons contenant de l’alcool au moment de l’enquête. La proportion d’élèves abstinents diminue avec l’âge (la chute étant plus forte entre 13 et 15 ans). A tout âge, les filles sont moins nombreuses que les garçons à boire de l’alcool (de 1,1 à 1,2 fois moins).
- …et rares sont ceux ayant déjà commis un abus d’alcool. L’abus d’alcool est ici défini par le fait d’avoir bu au moins cinq boissons alcoolisées lors de la même occasion (ce que les anglo-saxons nomment le « binge drinking »). La fréquence de cette notion est ici mesurée durant les 30 derniers jours avec pour option possible le fait de ne jamais avoir été dans cette situation dans la vie entière (je n’ai jamais bu cinq ou plus boissons alcoolisées lors de la même occasion).
7755 élèves ont répondu à cette question, 73,1 % déclarent ne jamais avoir consommé cinq boissons ou plus lors de la même occasion dans la vie entière, et 11,7 % ne pas l’avoir fait le mois dernier. Ainsi moins d’un élève sur six déclare avoir commis un abus d’alcool au cours du dernier mois (7,4 % une fois et 7,8 % plusieurs fois). L’abus d’alcool touche de la même manière les filles et les garçons et ce, quel que soit le groupe d’âge considéré.
- En France l’ivresse s’établit plus tard qu’en Europe du nord La France se situe parmi les cinq pays participant à HBSC en 2002 où la consommation hebdomadaire et les ivresses répétées sont les moindres chez les élèves de 13 et 15 ans, et se trouve en situation médiane pour les élèves de 11 ans. Ainsi, la France s’inscrit-elle dans la tradition des pays d’Europe méditerranéenne, producteurs de vin, où l’ivresse s’établit relativement tard par rapport à l’Europe du Nord.
CANNABIS
- Les garçons plus consommateurs de cannabis que le filles Globalement, 29,2% des jeunes de 15 ans ont déclaré avoir consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie entière. Ce taux passe à 44,3% si on rajoute les 15,1% de sujets ayant un usage déclaré (c’est-à-dire ayant déclaré un usage dans les douze mois précédents mais n’ayant coché aucune réponse à la question portant sur la vie entière).
Les garçons sont plus nombreux que les filles parmi les consommateurs : 33,3% vs 25,3% sans tenir compte de l’usage déclaré et 47,3% vs 41,5% dans le cas contraire.
La France parmi les 10 pays où la consommation est la plus forte Enfin, la comparaison des données obtenues dans les autres pays ayant participé à l’enquête HBSC montre que notre pays se situe parmi les dix qui ont les plus forts taux de consommation. On notera qu’il semble que ce soient les « gros » consommateurs qui sont proportionnellement sur-représentés chez nos jeunes concitoyens
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