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INTERET DE LA PRISE EN COMPTE DE LA QUALITE DE VIE DANS LE SEVRAGE ETHYLIQUE : ETUDE PILOTE Mémoire LSChiriazi 2007

vendredi 28 septembre 2007.

UNIVERSITE DE LA MEDITERRANEE

FACULTE DE MEDECINE DE MARSEILLE

INTERET DE LA PRISE EN COMPTE DE LA QUALITE DE VIE DANS LE SEVRAGE ETHYLIQUE : ETUDE PILOTE

Par Laurence Secci ép. Chiriazi


« Master Professionnel
INGENIERIE DES SYSTEMES DE SANTE »

Parcours : Prévention et Education pour la Santé

Master ISS, Université de la Méditerranée, parcours P2
Soutenu le : 12 septembre 2007

Sous la direction de
Monsieur le Professeur Jean Louis San Marco

Membres du jury :
Mademoiselle Vanessa Pauly
Monsieur le Professeur Xavier Thirion
Monsieur le Professeur Jean Louis San Marco

Personnes ressources :
Madame le Docteur Marie-Claude Siméoni
Monsieur le Docteur Jacques Viala-Artigues

Sommaire 1. Introduction

En tant que professionnel de santé paramédical et exerçant dans un service de Santé Publique (ANNEXE 1), nous sommes confrontés, dans notre pratique, à des patients présentant des conduites addictives multiples, notamment avec l’alcool. Ces patients viennent, lors de la première consultation, pour une première démarche. Ils se présentent en disant qu’ils ne peuvent plus continuer à fonctionner avec le produit. Leur demande n’est pas en première intention le sevrage mais plutôt « boire moins ». Le médecin addictologue qui les reçoit leur propose selon le cas et la demande « un sevrage thérapeutique » en ambulatoire. Le sevrage thérapeutique est nécessaire. Ce processus entraîne une souffrance d’ordre physique et psychique et de plus il y a danger de mort chez le sujet, (delirium tremens et crise d’épilepsie). C’est ainsi que nous les recevons et que nous devons les accompagner. Le sevrage thérapeutique constitue une étape incontournable et essentielle.

Les disparités des méthodes de sevrage ont justifié la tenue d’une conférence de consensus. Notre choix thérapeutique s’en inspire. « L’analyse des pratiques et de leur évaluation ont conduit à proposer une simplification du traitement ». [1]

Le sevrage thérapeutique, c’est-à-dire l’arrêt de la consommation d’alcool, s’établit dans le service sur 15 jours ou plus, en fonction de la personne. Pour certains, la vie de tous les jours sans alcool s’établit tout de suite au cours de la phase de sevrage. Pour d’autres, une phase de consolidation est nécessaire. (ANNEXE 2)
Les soins ont lieu du lundi au vendredi avec une coupure pendant le week-end, période où le service de soins est fermé.
Le sevrage est un moment de rupture qui confirme au sujet sa dépendance. Dans ce contexte, les patients vont vivre au cours de cette période des modifications positives et négatives, au niveau de leur état général, physique et émotionnel.
Une fois l’hospitalisation de jour programmée, ils sont accueillis par nous infirmières qui les recevons individuellement. Nous assurons des entretiens infirmiers dès leur arrivée, ils nous permettent de créer une première relation, un premier contact, afin de mieux connaître le sujet. Puis, tous les jours de la semaine, avant d’administrer aux patients des perfusions vitaminiques suivi d’une injection rapide de sulfate de magnésium, (ANNEXE 3), un prélèvement sanguin est effectué pour doser l’alcoolémie de ces derniers. Durant ce soin, une surveillance avec l’aide de l’échelle des index de gravité des états de sevrage, (ANNEXE 4), est assurée par nous, équipe paramédicale, pour détecter une éventuelle complication liée à l’arrêt de l’alcool.

Sommaire 2. Thème

Le démarrage d’un sevrage est le début d’une période difficile. C’est une période où les sujets sont fragiles, ils peuvent être tenté de consommer des boissons alcoolisées, une fois de retour chez eux et cela peut être jugée de l’extérieur comme une marque de faiblesse des éthyliques. Alors qu’ils consommaient jusqu’alors des boissons alcoolisées de manière régulière, ce qui les déséquilibrait physiquement et psychiquement, ils cassent un mauvais équilibre et le remplace par un déséquilibre douloureux. Lors des différentes étapes, qui sont l’entretien d’accueil, les soins journaliers, on n’aborde qu’un angle du sevrage, c’est-à-dire l’arrêt du produit sans tenir compte d’éléments qui peuvent gêner le sujet, entraver cette étape cruciale pouvant le conduire vers l’abstinence. Ces éléments, en lien avec la vie de tous les jours, peuvent être de véritables obstacles au processus de sevrage, cependant, est-ce que le fait de les aborder, permettrait d’anticiper les désagréments que l’on n’imagine pas rencontrer au cours d’un sevrage et qui peuvent entraver la qualité de vie du sujet et compromettre ainsi le projet de sevrage éthylique ?

Sommaire 3. Etat des lieux sur le sujet

Sommaire Réflexion sur le thème

L’histoire de l’alcool n’est pas indépendante de celle de l’alcoolisme. Des ivresses bachiques [2], dyonysos chez les grecs [3], le modernisme avec le début de l’industrialisation, a amené l’alcoolisme. Comprendre les comportements de millions de personnes sous la dépendance d’un produit qui s’est avéré au cours des années être une véritable drogue, permet de ne pas situer le problème de l’arrêt de l’alcool sous le seul angle de la volonté. Il existe des explications neurologiques de cet état de dépendance passant des théories membranaires aux subtilités liées à la production de neuromédiateurs avec une importance variable selon les époques (des endorphines expliquant toutes les dépendances dans les années 70 au schéma très élaboré de circuit du plaisir autour de la dopamine toujours actuelles) [4]. L’alcool tue aujourd’hui alors que les risques sont connus et scientifiquement démontrés. Connaître les dangers de l’alcool ne suffit donc pas à ralentir voire stopper l’épidémie. Le nombre de personnel soignant soigné dans le service suffit à démontrer l’inutilité de savoir du risque.
Dans une première partie, nous proposons un éclairage sur l’histoire de l’alcool et son usage, de l’alcoolisme, de l’addiction, de notions épidémiologiques, les dispositifs ambulatoires, la prise en charge, le sevrage physique. Puis, nous aborderons la notion de qualité de vie liée à la santé.

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