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’Grandir parmi les addictions’ 30es journées nationales 11 et 12 juin 09
’Grandir parmi les addictions’ 30es journées nationales 11 et 12 juin 09
mercredi 18 mars 2009.
[*GRANDIR PARMI LES ADDICTIONS*]
[*30es JOURNÉES NATIONALES*]
LES 11 et 12 JUIN 2009 à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris
L’histoire de l’Homme est liée à la magie chimique et aux expériences qu’elle permet. Depuis toujours, il a demandé, à la Nature d’abord, à la Science ensuite de lui fournir les moyens d’atteindre ce qu’il ne pouvait réaliser seul. Tout au long de sa vie, il s’y réfère et y a recours, pour transcender l’instant ou oublier sa condition, accéder à d’autres états de conscience, être en relation avec les autres ou avec les Dieux, repousser les limites de son corps, de sa pensée ou de son intellect, faire face ou fuir ses questions. Se voulant maître de cette relation, l’Homme a aussi peu à peu essayé de construire les cadres et conditions d’un usage contrôlé, édictant des règles et des lois, accumulant connaissances et expériences. Mais depuis quelques décennies, non seulement le social et le culturel ne contiennent plus cette « appétence » pour la magie chimique, mais ils l’encouragent, la privilégient et en démultiplient les possibilités. Aujourd’hui, autour de nous, tout contribue à l’abus voire à la dépendance.
En abandonnant son rôle régulateur pour inciter à l’usage, notre société pousse à l’extrême le paradoxe de promouvoir ce que dans le même temps elle réprime. Or l’homme ne peut se contenter de rejeter et condamner l’expérience addictive, comme il ne peut se limiter à uniquement en médicaliser les conséquences.
Si cette passion dure depuis si longtemps, malgré tous les efforts entrepris pour l’éradiquer, c’est bien qu’elle tisse un lien irréductible. Pour y répondre, il nous faut encore et toujours essayer de comprendre ce qu’elle nous apprend de nous-mêmes. Il nous faut sans fin questionner ce mode si particulier d’être à soi et au monde.
Au début du XXe siècle, Freud, avec le « briseur de soucis », proposait sa réponse. Depuis, beaucoup d’écrivains, historiens, philosophes, sociologues, anthropologues, biologistes, neuro-physiologistes ont éclairé cette question de leurs apports.
Des premières journées de l’ANIT, alors que s’achevaient les trente glorieuses d’une économie construite sur les ruines de la deuxième guerremondiale…à ces 30es journées de l’anitea, qui voient le XXIe siècle débuter dans les soubresauts d’une crise économique et les angoisses d’une mondialisation succédant aux espoirs nés de la fin de la guerre froide, l’expérience addictive n’a cessé d’être un des miroirs qui nous révèle à nousmêmes. Elle n’en finit jamais de nous parler de nous et de notre condition humaine. Elle vient encore et toujoursmettre en tension les modèles éducatifs, les accompagnements et pratiques professionnels enmême temps que les politiques publiques. En fêtant nos 30es journées, nous voulons aussi prendre le temps de la réflexion, sur ce passage d’un monde à l’autre, sur l’évolution de notremonde, sur cette odyssée de l’Homme qui se poursuit.
Refusons des politiques qui se limiteraient à punir les uns et soigner les autres, sans donner le temps et les moyens d’aider chacun à faire avec lui-même, ses faiblesses, ses forces, ses excès, ses passions.
Acceptons de faire rebondir les questions sur ce que nos sociétés peuvent et doivent produire comme réponses, dans la diversité des points de vue, pour mieux prévenir, mieux soigner, mieux penser et construire les moyens de grandir parmi les addictions !
Jean-Jacques SANTUCCI, Trésorier adjoint de l’anitea
Jean-Pierre COUTERON, Président de l’anitea
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