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Conférences de consensus Grossesse et tabac 30 novembre 2004
Conférences de consensus Grossesse et tabac 30 novembre 2004
vendredi 3 décembre 2004.
Extrait du dossier de presse de l’ANAES
« »« »« »« »« »" Principales conclusions du Jury
Différentes modalités de prise en charge sont possibles, avant, pendant et après la grossesse.
Avant la grossesse La meilleure stratégie reste celle qui vise à éviter que les femmes n’entrent dans le tabagisme. Les actions de prévention doivent être développées dès la pré-adolescence et surtout à l’adolescence (période d’entrée dans le tabagisme), en milieu scolaire, parascolaire et familial, en s’appuyant sur les réseaux associatifs, les organismes nationaux d’éducation sanitaire, les acteurs de santé, etc.
Idéalement, l’arrêt du tabac doit intervenir avant même la conception, et à défaut le plus tôt possible pendant la grossesse ou après l’accouchement.
Pendant la grossesse
Un entretien prénatal de bilan avec un professionnel de la naissance - si possible une sage-femme - doit être programmé au premier trimestre de la grossesse. Cet entretien doit porter sur l’environnement quotidien de la femme enceinte, insister sur les conduites addictives et leurs effets délétères et proposer une solution concrète d’aide à l’arrêt du tabac, adaptée à chaque cas.
Le dosage du monoxyde de carbone (CO) dans l’air expiré représente actuellement la manière la plus facile de mesurer l’intoxication tabagique. Il peut être réalisé au cours de l’entretien prénatal de bilan ou lors de toute autre consultation pré ou post-natale. Cette mesure permet à la femme enceinte de prendre conscience de son intoxication et peut déclencher la motivation nécessaire à l’arrêt du tabac. Le CO est présent en grande quantité dans la fumée de cigarette inhalée activement ou passivement par la femme enceinte. Il est responsable d’une hypoxie chronique (privation d’oxygène) en général assez bien supportée par la future mère. En revanche, le foetus compense mal ce manque d’oxygène.
Après un bilan clinique et psychologique de la femme enceinte fumeuse, une évaluation de son environnement familial, professionnel et social, le professionnel de santé doit proposer une prise en charge personnalisée pour l’arrêt du tabac. En première intention, une approche psychologique et/ou comportementale peut être proposée pour aider la femme enceinte fumeuse à lever les obstacles à l’arrêt du tabac et à choisir les moyens appropriés pour y parvenir.
En cas d’échec ou d’absence de motivation pour une approche psychologique et comportementale seule, un traitement substitutif nicotinique (TSN) pourra être proposé. Le TSN peut être prescrit à tout moment de la prise en charge d’une femme enceinte fumeuse.
Le bupropion est actuellement déconseillé chez la femme enceinte ou allaitante.
Après la naissance
Les solutions pour l’arrêt du tabac évoquées précédemment restent valables et applicables après la naissance de l’enfant. Le traitement substitutif nicotinique peut aussi être prescrit en suites de couches et au cours de l’allaitement maternel.
En effet, si la jeune mère n’a pas arrêté de fumer au cours de sa grossesse, il est toujours possible d’arrêter après la venue de l’enfant, afin d’éviter d’exposer le nouveau-né au tabagisme maternel ou familial. En effet, l’environnement de l’enfant doit être exempt de toute pollution tabagique, au domicile et dans tous les lieux qu’il fréquente. Les professionnels de la naissance doivent être convaincus de l’importance de leur rôle dans la promotion de l’allaitement (y compris chez les mères fumeuses ou sous traitement substitutif nicotinique) et dans la diffusion d’information sur les aides à l’arrêt du tabac. Ils ont également un rôle actif à jouer afin de prévenir une reprise du tabagisme après l’accouchement chez les femmes fumeuses ayant arrêté le tabac en raison de leur grossesse.
Propositions de mesures de santé publique
Tous les professionnels de santé doivent être formés (formation initiale et continue) au sevrage tabagique et doivent proposer une solution concrète adaptée à chaque cas. Les professionnels de l’éducation, les travailleurs sociaux et plus généralement toutes les personnes en contact avec les adolescentes doivent non seulement s’abstenir de fumer mais aussi s’impliquer dans la prévention du tabagisme et dans l’aide à l’arrêt du tabac. Les maternités doivent impérativement être des espaces totalement non fumeurs. Le jury préconise la création d’un observatoire de la grossesse et de la naissance pour pallier au manque de données, de coordination des actions et d’éparpillement des moyens.« »« »« »« »« »
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