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Compte rendu de la journée thématique sur la supervision d’équipe - décembre 2007

lundi 21 juillet 2008.

Compte rendu de la journée thématique sur la supervision d’équipe

La première partie de la journée fut présentée par Arthur Dasilva, psychologue dans le domaine du soin palliatif et de la souffrance au travail (soutien des équipes).

Quel est l intérêt de la supervision ?

Les équipes de soin sont en demande de supervision d’équipe.
Il existe différents types de superviseur et supervision. Les références méthodologiques sont également variées. D’autres professionnels que le psychologue peuvent proposer une supervision.

Tout dépend de la demande, car la supervision est une approche de l équipe et de l’institution.

Historique :

La pensée psychanalytique est en quelque sorte l’ancêtre de la supervision, nommée a cette époque ’contrôle’. Un spécialiste plus expérimenté en thérapies analytiques contrôlait la pratique de l’analyse. S.Freud et S.Ferenczi en sont entre autres les références.
Le professionnel plus age accompagne le plus jeune dans sa pratique tout lui indiquant les impasses.
Il faut que ce contrôle se fasse entre deux personnes du même métier, avec des références et des connaissances identiques. Cette méthode ancienne existe dans plusieurs cultures.

Les années 70 opèrent plusieurs changements :

Des distances sont prises avec la psychanalyse. Le terme de contrôle devient péjoratif et cerne plus particulièrement le monde du travail. Dans le champ des soins, c est le terme de supervision qui est employé.
On s aperçoit que les traitements médicaux ne suffisent pas et que les explications peuvent être cherchées hors du domaine physiologique. La subjectivité du patient est alors prise en compte ainsi que le bien être des équipes.
Alors de nouvelles techniques sont proposées.

Le groupe Balint :

C est une forme ancienne de la supervision qui se compose de 10 a 15 médecins. Les réunions sont de longue durée. Ce groupe nécessite un ’leader’ qui doit être médecin psychanalyste ou psychiatre psychanalyste. L objectif est d améliorer la relation au malade dans l intérêt des deux parties. Ceci par deux moyens essentiels : la parole et le dispositif mis en place

Ces deux outils comprennent plusieurs concepts :

Selon Balint, l inconscient et le relation au malade, sont deux objets mis a l’œuvre.
Cependant, ce modèle comporte quelques limites car il ne permet pas une ouverture au monde professionnel. A cette époque les médecins restent encore entre eux, même si une exploration en dehors du champ médical se dessine timidement.

De la même manière que la psychanalyse ne suffisait plus, le regroupement entre médecins non plus.

Des techniques diverses comme la systémie, la Gestalt virent alors le jour et le champs d’action de la supervision a la fin des années 70.

Dans les années 80 :

Plusieurs questions sont poses. Pourquoi uniquement des médecins ? Comment la communication circule-t-elle ?

Cette volonté de transversalité (modèle belge) permet de réorganiser les compétences communes. Plus que des individus au travail, ils deviennent une équipe.
Cette prise en charge globale peut alors satisfaire le patient et mettre en relief la complémentarité des compétences entre membres d’une même équipe. Cette optique se renforce au fil des années.

Les années 90 :

Cette époque du « new age » amène la possibilité que tout est bon a prendre dans tous les domaines. La pluridisciplinarité se renforce. Le patient est au centre et devient un expert.

Les annees 2000 :

Les théories du management apparaissent. Ce n’est plus l’idée du contrôle, mais celle de la mesure (TAA, contrôle du temps).
Il existe un processus selon Ian Hacking qui consiste a recueillir des données, les classifier puis les normaliser. Cette technique laisse apparaitre un danger d’exclusion.

Pour les anglo-saxons, la supervision revêt un caractère obligatoire. En effet, il y a des normes pour les superviseurs et les supervises.

En dehors de la France, l’Espagne, l’Argentine et l’Italie, la psychanalyse est en rapide déclin. Les groupes de paroles émergent et la supervision devient multi_individuelle. Plusieurs personnes sont supervisées mais elles ne forment pas une équipe. De plus, elles peuvent venir de lieux professionnels différents.

Pourquoi se faire superviser ?

La supervision est peut-être plus utile dans certains milieux professionnels (soins palliatifs), pour certaines institutions. Cette méthode est une obligation théorique pour les psychanalystes. Être supervise est fondamental dans l’optique d’un meilleur travail. En effet, cela permet de mettre des mots sur un événement inattendu et dérangeant en lien avec le patient.

En dehors de la supervision les supervises peuvent-ils obtenir d’autres outils ?

Le superviseur dans l’institution :

Le superviseur dans l’institution possède un lien de subordination a la direction. Son mandat doit être clair et précis (ce qui n’est pas tout le temps le cas), son périmètre d’intervention doit être défini malgré le fait que certaines attentes et demandes sortent parfois du cadre instaure.

Pourquoi un superviseur ?
Plusieurs possibilités :
pour une valorisation des décideurs (soumission a des normes ou recommandations)
amélioration de l’ambiance (collaboration, multi_disciplinarité)

Cependant, le recrutement d’un superviseur peut amener divers difficultés. Quand celui-ci est impose a une équipe par exemple.

Sa personnalité, son expérience, sa formation et son approche devraient faire écho avec les attentes de l’équipe.

Lien superviseur-supervise

Il est important que les éléments soient connus, que le langage, les termes, les concepts de base soient partages. De plus, qu’il n’y ait aucune querelle, de chapelles théoriques.

Néanmoins, ces conditions requises peuvent parfois amener un risque de statut quo dans l’équipe, si la théorie partagée est toujours la même.

Par conséquent, cette situation peut renforcer la compétition dans l’équipe.

Supervision et co-thérapie en systémique :

Objectifs et cadre de la supervision systémique

Est-ce nécessaire de superviser une équipe quand il y a un « bon » chef ?

Deuxième partie de la journée thématique sur la supervision avec l’intervention de Madame.

La supervision au sens psychanalytique.

S’entendre parler dans la supervision peut avoir un nouvel impacte pour la personne supervisée. Qui la parole engage t-elle ?
En réponse a cette question, c’est un professionnel avec d’autres références et d’autres fonctions qui invite l’autre supervise a s’engager dans sa propre parole.
Cette communication est fondamentale car a travers ce lien, il existe deux actions : la demande ou l’offre.
Est-ce l’institution, l’équipe, ou la personne qui demande ?
Cette situation peut dépendre du budget octroyé par l’institution, des changements dans l’équipe ou bien des projets d’établissement. Des rencontres ou entretiens avec la direction sont possibles. Dire non a une supervision reste également envisageable. Le facteur temps peut être un élément inclus dans les difficultés rencontrées au sein d’une supervision (y aller, ne plus y aller, absentéisme).
La supervision d’équipe est de surcroit en relation a un lieu. Le projet d’une supervision mis en lien avec le projet thérapeutique fonde en partie une équipe. La supervision peut être au sens « winnicottien » est un espace intermédiaire dans lequel chaque professionnel apporte quelque chose aux autres.

La supervision invite le supervise thérapeute a travailler sur lui-même, en incluant la notion de souffrance. D’une séance a l’autre, ce matériel peut varier.

Ceci n’est pas le cas dans l’analyse des pratiques durant laquelle la situation d’un patient est étudiée.
Le lieu comporte aussi une fonction particulière pour la qualité d’une supervision. Aussi, savoir a qui on s’adresse parait important.

Savoir a qui on s’adresse et se questionner sur la finalité de la supervision semble aussi essentiel.

Préalablement a la supervision, un travail sur la « demande » de l’équipe est nécessaire. En effet, la supervision impliquera l’introduction d’un tiers dans le groupe de parole. Il peut decouler de ce même travail, des imprécisions pouvant être travaillées au moment dans la rencontre.

Doit-on prendre la parole « de facon verbale » dans la supervision ?

La réponse est non, pas forcement.

Si la supervision commence avec une injonction de devoir régler les conflits, le résultat ne sera pas pour autant probant. De même que s’il y a un conflit dans l’institution, c’est dans ce même lieu que cela doit se régler selon l’intervenante.

La supervision n’est pas un lieu de repos mais un cadre dans lequel on se risque. Celui qui parle s’engage, même absent. Cela ne garantira pas pour autant un meilleur fonctionnement ni un meilleur travail d’équipe autour du patient. « Ne pas pouvoir tout pour tout le monde » est une réalité dans les relations humaines.

Conclusion :

Le langage reste l’outil fondamental car il fonde le sujet (selon Lacan).

Le superviseur est un passeur du discours, et non un détenteur.

L’engagement du superviseur est-il neutre ?

Même silencieuse, la présence est un engagement a part entière et a un effet sur le groupe (référence a Bion et a la dynamique de groupe). Le leader d’un groupe est toujours un peu bouscule.

En dernier lieu, la supervision n’est-elle pas un leurre indispensable ?

Un cas a été évoqué : une supervision est demandée en « urgence », le superviseur ne donne pas suite. Cette situation nous interpelle sur le caractère de l’urgence. Un psychologue peut-il répondre en urgence ? Si une situation d’urgence est liée à un état de choc, « être là » peut suffire.

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