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Biologie alcool : questions les plus posées

Dr Jacques Viala-Artigues et Christian Mechetti
lundi 10 novembre 2003.


 « L’alcool ça réchauffe … »
L’ingestion d’alcool provoque une dilatation périphérique, d’où sensation de chaleur perçue au niveau de la peau. Mais il y a une perte calorique importante interne donc un refroidissement qui devient un risque réel d’hypothermie en milieu froid. Ne jamais donner d’alcool à quelqu’un immobile et qui se plaint du froid.

 « Je bois mais j’élimine en faisant du sport … »
Faux. En pratiquant des exercices physiques qui provoquent donc une transpiration, c’est l’eau que l’on élimine, pas l’alcool.

 « L’alcool ça donne du courage … »
C’est une croyance … L’alcool lève les inhibitions certes, mais augmente de fait la prise de risque … C’est peut-être ça le courage .

 « Boire de l’alcool ça stimule du point de vue sexe … »
Cela peut être vrai à petite dose car il y a levée des inhibitions, mais à dose importante, c’est une catastrophe . Voir le spot publicitaire des années 90 « tu t’es vu quand tu as bu »

 « Le ’trou normand’ arrête-t-il les effets de l’alcool ? »
C’est une tradition, voire une croyance … Il est vrai toutefois que si vous n’avez pas trop bu, cette surcharge permet de déclencher un système d’élimination supplémentaire appelé MEOS qui donnera une sensation de mieux supporter l’alcool, mais si vous avez déjà déclenché ce processus, le « trou normand » deviendra vite un trou noir pour vous, celui de l’ivresse.

 « J’ai la gueule de bois et on m’a dit de boire un verre de cognac à jeun pour que ça passe … »
C’est exact, si vous êtes un buveur occasionnel, vous avez subi une baisse trop rapide de votre alcoolémie en fonction de la mise en place du système d’élimination supplémentaire appelé MEOS que vous avez déclenché donc vous subissez un mini état de manque que quelques grammes d’alcool vont immédiatement soulager. Si vous êtes alcoolodépendant, une prise d’alcool corrige l’état de manque .

 « Pourquoi ne faut-il pas donner d’alcool à un blessé ? Un coup de gnole ça revigore … »
Non, ça refroidit en fonction de la vasodilatation périphérique provoquée. Cette situation peut aggraver l’état de choc que subit le blessé.

 « Vous m’avez prescrit un anxiolytique et je ne dois pas boire d’alcool .. pourquoi ? »
Les deux produits associés produisent un effet de synergie, c’est à dire que dans une fonction, ils agissent dans le même sens en ajoutant leurs effets. En fait ils agissent sur les mêmes sites nerveux qui sont leurs lieux d’action.

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