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Documentation F3A
Alcool, Alcoologie, Alcoolisme
Soins en alcoologie
Alcool et perturbations organiques : système nerveux
Alcool et perturbations organiques : système nerveux
Système nerveux
Réa
L’approche de la maladie alcoolique nous confronte fréquemment à des situations cliniques complexes.
Les lésions du système nerveux et leurs manifestations variées : convulsions, déficit intellectuel, démence, coma, hallucinations, délire, sont une bonne illustration de la complexité. A noter que les manifestations les plus simples et les plus fréquentes : black-out, trou noir de l’ivresse pathologique ou syndromes bien plus complexes interrogent le malade.
Ce comportement d’excitation hyper expansif avec perte du contrôle, inquiète la famille ; le personnel, la plupart du temps est formé à cet accueil, il saura trouver les mots d’apaisement.
Au-delà de l’ivresse ordinaire ou de l’ivresse pathologique, nous pouvons être en présence d’un coma éthylique dont nous rappelons les caractéristiques :
Coma métabolique Absence de signe neurologique en foyer Absence de syndrome méningé Hypotonie musculaire Dépression respiratoire Hypotension Hypothermie Polyurie
Cette situation nécessite un transfert vers une unité de soins intensifs.
Score -Syndrome de sevrage alcoolique
Un document détaillé sur la physiopathologie du sevrage sera fourni, mais rappelons qu’un des modèles explicatifs tient dans la modification des membranes neuronales. Ce remaniement (fluidification puis rigidification) entraîne une hyper affinité des récepteurs membranaires.
Notre pratique d’alcoologue effectuant des sevrages ambulatoires nous a démontré qu’une minorité de malades nécessite une hospitalisation en cours de sevrage.
Néanmoins, l’examen clinique et l’interrogatoire nous permettent d’évaluer un facteur de risques qui justifie une hospitalisation : antécédents de crises convulsives, de delirium, majoration de signes végétatifs, absence d’entourage familial.
Nous ne réécrirons pas la sémiologie puisqu’elle est contenue dans le tableau des index de gravité des états de sevrage (voir en annexeIndex de gravité des états de sevrage ) qui nous sert de surveillance médicale durant cette période, permettant de guider notre prescription médicamenteuse.
Polynévrite alcoolique
Examen E.M.G
Deuxième cause de la polynévrite après le diabète. L’examen du malade nous permet de confirmer ce diagnostic dans 10% des cas. Rappelons la sémiologie :
Signes sensitifs subjectifs : crampes. Signes sensitifs objectifs : hypoesthésie douloureuse. Signes moteurs : parésie jusqu’à la paralysie. Signes végétatifs : hyperhydrose. Atrophie musculaire distale. Réflexes achiléens puis rotuliens diminués ou abolis.
Si ce diagnostic est évident et ne justifie pas d’autres examens, nous connaissons des formes infracliniques révélées dans 66% des cas. Nous sommes persuadés de la nécessité d’un tel examen, dans ces cas, afin d’affirmer ou d’infirmer une telle atteinte et d’avoir une action préventive. Enfin, dans le cas des polynévrites, n’oublions pas les autres causes en dehors de l’alcool.
Atrophie cérébrale
Examen Scanner ou I.R.M. cérébral
L’examen clinique du sujet ne nous permet pas de suspecter une atrophie cérébrale. L’information sur la toxicité du produit évoque ce fait et le questionnement sur l’état de son cerveau est très chargé de signifiants.
Or nous savons qu’elle est retrouvée chez 50 à 70% des malades alcooliques et une atrophie débutante peut s’observer chez des sujets consommant 10g/j d’alcool.
Cette atteinte est proportionnelle à la consommation mais peut épargner certains grands consommateurs. Augmente avec l’âge. Touche à dose identique plus souvent les femmes. N’est pas liée à l’état hépatique ni à la dénutrition. Egalement observée avec le vieillissement. Enfin et surtout cette atteinte peut être extraordinairement réversible.
A notre sens, compte tenu de l’importance des questionnements aussi bien des praticiens que des soigné(e)s, un bilan nous semble nécessaire.
Quel examen ?
Scanner cérébral
I.R.M cérébral
Quel coût ?
Evoquant le coût, il nous est difficile, du fait de la complexité de la facturation de faire un tel choix. Des demandes ont été faites auprès des établissements possesseurs de matériel.
Puisque nous proposons cet examen, dans une recherche difficilement argumentable par la clinique, évoquons les autres informations apportées par un tel examen, en particulier la découverte d’hématome extra-duraux anciens, de lésions tumorales frontales dont les manifestations cliniques étaient masquées par l’alcoolisation. (2 cas dans notre expérience).
Névrite optique alcoolique
Examen Bilan Ophtalmo Champ visuel, Vision des couleurs
La fréquence des atteintes est mal connue. Toutefois une étude sur 82 malades met en évidence 39% d’atteintes névritiques.
Nous avons tenu à explorer ces malades. Le bilan comprend :
- Un examen ophtalmique standard (combien de malades étaient mal corrigés ou pas du tout).
- Un champ visuel.
- Un bilan de la vision des couleurs.
- Cliniquement, nous avons rarement suspecté des névrites. Le bilan ophtalmologique et en particulier le bilan chromatique ont révélé près de 40% d’atteintes.
- Nous retiendrons plusieurs éléments justifiant un tel examen.
- Dépistage d’atteintes ophtalmiques négligées
- Correction de la vue.
- Glaucome(découverte non exceptionnelle)
- Pathologies rétiniennes.
Confirmation d’une atteinte dans 40% des cas. Bilan très pédagogique et responsabilisant face aux choix d’une abstinence.
Les fonctions cérébrales supérieures
L’approche neurologique serait incomplète sans évoquer les atteintes d’encéphalopathies, du Gayet-Wernike ou syndrome de Korsakoff, les atteintes cérébelleuses et autres.
En fait notre mode de recrutement nous met rarement dans une situation de diagnostic, néanmoins, notre vigilance doit être permanente. Par contre, nous avons l’intention d’approfondir l’exploration des fonctions cérébrales supérieures. En effet nous constatons des difficultés dans la vie sociale, en particulier au moment de la reprise de la vie active. Ces problèmes nous semblent liés à des difficultés d’anticipation.
Une approche psychotechnique permet de mieux évaluer ces atteintes et peut nous rendre plus cohérents dans l’accompagnement post-sevrage. Cette stratégie présente également le bénéfice de mettre en évidence pour le malades ses difficultés, une évaluation de ses récupérations dans le maintien de l’abstinence et peut lui éviter de se mettre en situation d’échec s’il projette une reprise d’activité. Pour cela, nous envisageons une étude plus documentée, la difficulté étant la rareté des travaux francophones. |
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