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Alcool et foie - alcoolopathies hépatiques

Dr Jacques Viala-Artigues et Christian Mechetti
lundi 20 octobre 2003.

Tout l’alcool ingéré passant par le foie et 90% de celui-ci étant transformé, le foie est l’organe symbole de la maladie alcoolique avec ses étapes successives stéatose (foie gras) - hépatites - cyrrhose .

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Le foie de l’alcoolique… est l’organe cible du médecin, de la prévention et probablement l’organe symbole.

L’alcoolopathie hépatique peut exister sans alcoolo-dépendance (malgré une forte corrélation entre les quantités d’alcool ingérées et les dégâts observés) .
Elle peut apparaître avec des consommations très minimes : par exemple on parle d’un seuil de 20 g / jour d’alcool pour une femme soit deux verres .
Rappel d’éléments importants :

La stéatose isolée
C’est la plus commune et la première manifestation hépatique d’un usage nocif de l’alcool..
Il s’agit d’une hépatomégalie, autrement dit un « gros foie ». S’il devient gros c’est parce que les cellules hépatiques (hépatocytes) se sont chargées en graisses. Ce gros foie peut être obtenu rapidement (quelques semaines d’excès suffisent) mais aussi quelques semaines d’abstinence permettent une régression totale.
Une comparaison significative : il faut 5 semaines de gavage pour obtenir un foie gras d’oie qui est une stéatose.
La stéatose se repère parfaitement à l’examen clinique et de façon très précise à l’échographie abdominale.

Si la consommation excessive continue, l’étape suivante va se déclencher, mais seulement pour 30 à 40% des individus ….

Hépatite alcoolique
Etat associant des signes cliniques et biologiques. Elle peut prendre des aspects très différents, et sera considérée comme une étape intermédiaire à d’autres évolutions (cirrhose par exemple).

Hépatite alcoolique aiguë
Elle suit une intoxication massive et aiguë, dite anglosaxonne, exportée en France depuis quelques années.
Elle est accompagnée d’asthènie (fatigue) , nausées, vomissements, puis douleurs abdominales, ictère et toute une série d’autres signes justifiant l’urgence hospitalière.

Hépatite alcoolique chronique
Elle est découverte le plus souvent par hasard.
Les signes sont cliniques et biologiques et doivent être interprétés par le médecin.
L’évolution est très variable. Considérée comme une étape intermédiaire à la cirrhose, elle peut régresser avec l’arrêt du produit.
Toutefois, il faut dire que 60 à 70% des buveurs excessifs n’auront jamais d’hépatite.

Cirrhose
Etat caractérisé par une fibrose diffuse associée à des nodules de régénération (gros foie irrégulier). Les conséquences peuvent en être mortelles.
C’est une maladie grave du foie qui n’est pas due exclusivement au phénomène d’alcoolisation. D’autres causes de cirrhose existent dont les origines peuvent être virales, biliaires, vasculaires, métaboliques, médicamenteuses et toxiques et … génétiques …
Mourir de cirrhose ne veut pas systématiquement dire mourir d’alcoolisme .

Que faudrait-il en retenir ?

a. 90% de l’alcool ingéré est transformé par le foie
b. La plupart des affections régressent à l’arrêt du produit
c. Toutes les cirrhoses ne sont pas alcooliques

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