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Article de la base documentaire de la F3A

Actes de Nîmes 2006

dimanche 8 juillet 2007.

LʼADDICTOLOGIE SʼINVENTE SUR LE TERRAIN. COMMENT LA LÉGITIMITÉ SE CONSTRUIT-ELLE ?

La légitimité des professionnels et des équipes de terrain en addictologie pose question.

Fondée sur les diplômes, lʼexpérience, les travaux scientifiques, le mandat professionnel et la confiance en soi, la légitimité peut être mise à mal par lʼâpreté de certaines situations rencontrées, la profusion des textes, les dysfonctionnements institutionnels.

Jean-Louis Balmès Professeur de Médecine. Chef de service CHU de Nîmes. Président honoraire de la F3A. Vice- Président SFA

Ouverture des journées

La question au centre de cette rencontre mʼa beaucoup intéressée. Je vous donne ici juste les réflexions que cela mʼa inspirées.

Lʼaddictologie doit définir son périmètre de compétences. Sa légitimité ne peut pas être uniquement donnée par les acteurs qui lʼexercent à lʼintérieur, mais aussi par les sciences sociales au sens large du terme, les historiens qui vont nous permettre de savoir sʼil sʼagit dʼune réponse conjoncturelle à une lecture de la société, à ses transformations ou pas. Cependant de lʼintérieur de notre champ, il y a des faits cliniques. Ils sont là et les malades sont têtus. Notre légitimité interroge aussi les champs du soin car il nʼy a pas aujourdʼhui de case proprement addictologique dans lʼorganigramme de santé. Je vous signale que ce nʼest pas non plus dans le catalogue des items retenus par les bibliothèques universitaires, où, pour le terme addictologie, on nous renvoie à toxicomanie polytoxico.

Dans la mise en culture des différents intervenants-soignants, ces intervenants sont fragmentés dans trois champs principaux : la logique médical et paramédical, la logique de la psychopathologie, la logique du travail social.

Est-ce quʼune de ces formations peut entraîner à elle seule une légitimité pour prendre en charge le champs de lʼaddictologie ? Faut-il un corpus commun de connaissances ? Et comment le valider ?

Poser les limites de cette compétence soulève un certain nombre de problèmes tels que : un éducateur spécialisé a-t-il le droit de poser un diagnostic de dépendance ? Un psychologue clinicien peut-il parler du somatique et de la toxicité neurobiologique ? Un médecin peut-il être partie prenant dans un projet social ?

Lʼaddictologie est ainsi une découverte pour les uns, une agression pour les autres. Son point de vue dans une situation, une maladie, un comportement vient donc interroger non seulement les soignants mais les textes organisateurs des différents champs, et donc de nos institutions. Au fond, il pose une question simple : y a-t-il un pilote dans lʼavion ? Qui est compétent, au niveau non seulement de lʼéquipe, mais aussi des institutions ?

Le résumé introductif de ces journées me convient donc parfaitement, avec simplement une question : pourquoi avez-vous mis « confiance en soi », alors que la démarche addictologique est lʼécole du doute. Mais je pense que vous avez voulu légitimer notre position et notre professionnalisme, je vous souhaite une bonne chance pour ces deux jours !

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Actes Nîmes 06
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