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Prévention addictologie, alcoologie, tabacologie
ALCOOL : LUTTER CONTRE LES IDÉES REçUES Equilibre Mai 2006
ALCOOL : LUTTER CONTRE LES IDÉES REçUES Equilibre Mai 2006
vendredi 5 mai 2006.
Chaque mois, équilibres, la lettre gratuite d’information électronique de l’Inpes apporte des informations pratiques et utiles dans le domaine de la prévention et de l’éducation pour la santé.
numéro 16 • Mai 2006
ALCOOL : LUTTER CONTRE LES IDÉES REçUES
(…)
TROIS QUESTIONS À PATRICK FOUILLAND
1
> Comment peut-on débanaliser la consommation excessive
d’alcool ?
Gardons-nous d’abord de tout discours alarmiste. Après tout, si l’on
met de côté les 15 % de personnes à problème, les 15 % à risque et les
3 % réellement dépendantes, près de 70 % des Français n’ont aucun
souci avec l’alcool. Ces trente dernières années, la consommation a
été réduite d’un tiers. Reste le problème de la consommation française
par habitant, championne d’Europe avec 15 litres d’alcool pur par
an. Et là, effectivement, la question de l’excès est encore trop souvent
négligée. Or, les préoccupations liées aux habitudes de consommation
nécessitent une véritable veille citoyenne.
> Qu’entendez-vous par “veille citoyenne” ?
Il s’agit de privilégier des approches en amont du soin, notamment en
lançant un débat citoyen sur l’alcool. Une première approche vise à
inciter les professionnels de santé à parler alcool avec tous les
patients pour permettre à ces derniers de connaître leurs risques et
d’adapter leur consommation. Actuellement, moins de 10 % des praticiens
abordent cette question, alors que près de 90 % de la population
estime que les généralistes sont compétents pour le faire ! Nous
tablons sur les retombées du Plan national “Repérage précoce et
intervention brève” - méthodologie, outils d’information, formations… -
pour inverser progressivement la tendance. D’autres approches sont à
mettre en oeuvre : éducative, sociétale, culturelle… Cela passe, par
exemple, par le respect du non-buveur, qui doit rompre avec le besoin
de se justifier de ne pas boire, ou encore par le soutien à l’entourage
d’une personne en difficulté avec l’alcool.
> Les hommes de 35-49 ans constituent-ils la seule cible
préoccupante ?
Les modes de consommation ne sont pas les mêmes d’un bout à
l’autre de la vie. La consommation de la jeunesse serait plutôt hebdomadaire
et festive, avec bière et alcools forts ; celle de l’âge mûr,
plus quotidienne et donc plus abondante, axée sur le vin, la boisson
la plus consommée en France (60 % des boissons alcoolisées) ; celle
enfin de l’âge avancé, plus fréquente et plus problématique qu’il n’y
paraît. Mais il n’y a pas que les “tranches d’âge”, il y a aussi les
groupes à risques : les usagers de drogues, les personnes précaires
ou seules, les “accros au travail”, les sportifs de haut niveau, les
détenus, ceux pour qui l’alcool est un psychotrope depuis longtemps…
et tant d’autres. Autant de cibles pour une prévention renouvelée
tous azimuts.
1. Médecin alcoologue et président de la Fédération des acteurs de l’alcoologie et de
l’addictologie
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